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14 novembre 2019

Vanuatu : RSF dénonce l’annulation du permis de travail du reporter canadien Dan McGarry

Dan McGarry travaille sur l’archipel du Vanuatu depuis 16 ans (photo : David Robbie / Pacific Media Center).
Ce ressortissant canadien, qui dirige depuis des années l’un des principaux quotidiens de l’archipel du Pacifique, est menacé d’expulsion sans raison recevable. Reporters sans frontières (RSF) demande au gouvernement du Vanuatu de revenir sur cette décision inique.

Seize années de travail rayées d’un seul trait… Le directeur éditorial du groupe du Vanuatu Daily Post, Dan McGarry, a appris le 7 novembre dernier que les autorités de cet archipel du Pacifique, voisin de la Nouvelle-Calédonie, venaient d’annuler arbitrairement son permis de travail. "Je suis écœuré, a-t-il confié à RSF et à son partenaire régional, le Pacific Media Center. J'ai consacré seize ans de ma vie au développement de ce pays.” Citoyen canadien, il a récemment entamé les démarches nécessaires pour obtenir la nationalité vanuataise. 


Seule raison invoquée par le gouvernement : un autre individu serait “mieux qualifié” pour occuper le poste de Dan McGarry au sein du Vanuatu Daily Post - un quotidien qui dépend pourtant d’une société de droit privé, et dont le personnel n’a donc pas de compte à rendre aux autorités.


“Ne nous y trompons pas : cette annulation de permis de travail n’est qu’un prétexte pour punir un journaliste qui a enquêté là où le gouvernement ne voulait pas, prévient Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous appelons le Premier ministre Chariot Salwai à revenir immédiatement sur cette décision inique. Cette grossière violation de la liberté de la presse fait peser de sérieuses craintes quant à la situation dans l’ensemble de la région Pacifique, et ne doit pas servir d’exemple.” 


Selon Dan McGarry, tout a commencé après que le Daily Post a publié, au début de l’été, une enquête sur la détention, hors de tout cadre légal, de six ressortissants chinois finalement déportés vers Pékin, et ce malgré la double nationalité sino-vanuataise de quatre d’entre eux.


La réponse des autorités est tombée quelques jours plus tard. “Le Premier ministre m’a convoqué pour m’admonester en raison de mon article ‘négatif’, explique Dan McGarry. ‘Si vous n’aimez pas être ici, m’a-t-il dit, rentrez chez vous ! Mais chez moi, c’est le Vanuatu !”


La situation de la liberté de la presse dans les îles du Pacifique est très disparate - des Samoa, par exemple, classées 22e sur 180 pays, aux îles Fidji, situées à la 52e place du Classement mondial de la liberté de le persse établi par RSF