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12 septembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Une quarantaine de journaux affectés par la pénurie de papier au Venezuela


Une négociation auprès des autorités a permis au quotidien centenaire El Impulso d’obtenir du papier in extremis et de continuer de paraître. La pénurie de papier au Venezuela, imputable au contrôle des devises par le gouvernement, a déjà forcé au moins 37 journaux à réduire ou interrompre leur production. El Impulso, le plus ancien quotidien du pays créé en 1904, a fait savoir, le 10 septembre dernier, que son édition du dimanche 15 septembre serait la dernière tant que la pénurie de papier ne serait pas résolue. Le journal avait déjà pris plusieurs mesures d’austérité afin de faire durer le plus longtemps possible ses réserves de papier. Au terme d’une négociation entre le comité de direction du quotidien et la Corporation Maneiro, entité dépendante du ministère du Secrétariat de la présidence, responsable de la distribution du papier journal, et avec la médiation du Syndicat national des travailleurs de la presse, un accord qui permet la distribution “en urgence” de bobines de papier à El Impulso a été conclu. Cette solution ne garantissant pas la survie du quotidien à long terme, les négociations doivent se poursuivre avec pour objectif la distribution régulière de papier. “La possibilité d’une distribution ‘en urgence’ de papier démontre que la résolution de la pénurie qui affecte la presse dépend de la volonté du gouvernement, déclare Camille Soulier, responsable du bureau Amériques de Reporters sans frontières. La pénurie de papier représente une censure indirecte et porte un coup au pluralisme et à la liberté de l’information, déjà gravement atteints au Venezuela. Nous demandons que les même mesures soient immédiatement mises en place pour tous les journaux du pays qui ont dû réduire ou suspendre leur production, indépendamment de leur ligne éditoriale." Le gouvernement de Nicolás Maduro, hostile aux médias d’opposition, a entrepris une série de réformes légales et de rachats tout en favorisant la création de médias pro-gouvernementaux. Ces mesures, censées museler une opposition parfois extrême, n’ont fait qu’attiser la polarisation qui sévissait déjà dans le pays. Le Venezuela est 116e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2014.