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29 avril 2020

Un tortionnaire de journalistes syriens jugé en Allemagne

Le procès d’Anwar Raslan, chef d’une cellule des renseignements syriens, a démarré ce 23 avril en Allemagne. Cet acteur majeur de la machine répressive du pouvoir de Bachar al-Assad a contribué à emprisonner et torturer des milliers de personnes, y compris des journalistes. Reporters sans frontières (RSF) y voit un grand pas pour mettre fin à l’impunité qui prédomine en Syrie.

Il est accusé de crimes contre l’humanité. Anwar Raslan est jugé depuis le 23 avril 2020 en Allemagne, où il a été arrêté en 2019. De mars 2011 à septembre 2012, ce chef des services de renseignements syriens a supervisé, pour le compte du gouvernement syrien, le centre de détention d’Al-Khateeb à Damas, connu aussi sous le nom de “branche 251”. 


Deux journalistes figurent parmi les plaignants : Amer Matar et Hussein Ghrer. Le premier a été arrêté deux fois en 2011 pour son travail de journaliste indépendant et torturé pendant ses interrogatoires. Il a été accusé de “diffusion de fausses nouvelles” et “atteinte au moral de la nation”. Le second a été arrêté en 2012 alors qu’il se trouvait au Centre syrien des médias (SCM) puis emprisonné pendant neuf mois et maintenu à l’isolement.


Ce procès est un grand pas pour mettre fin à l’impunité insupportable des crimes contre les journalistes commis par les renseignements syriens, déclare Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF). Mais il ne faut pas oublier que les deux journalistes qui portent plainte aujourd’hui sont parmi les rares rescapés, et que des centaines d’autres ont totalement disparu depuis leur arrestation.


Ce n’est pas le premier tortionnaire de journalistes syriens à être arrêté et poursuivi en justice. En janvier 2020, l’ancien porte-parole de Jaysh al-Islam Islam Alloush a été arrêté à Marseille et mis en examen. Il est à l’origine de l’enlèvement de la journaliste et avocate Razan Zaitouneh en décembre 2013.


La Syrie occupe la 174e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.