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13 janvier 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste cachemiri libéré après sept mois de détention


Reporters sans frontières se félicite de la libération du journaliste indien Iftikhar Gilani, mais regrette qu'elle intervienne après sept mois de détention sans jugement et sans aucune preuve. L'organisation soutient la demande de compensation que son avocat compte adresser au gouvernement pour avoir sali la réputation du journaliste et l'avoir détenu arbitrairement. "C'est une défaite cuisante pour le ministère de l'Intérieur qui a abusé de son pouvoir et une victoire tardive mais réelle pour la liberté de la presse en Inde", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Dans la soirée du 13 janvier 2003, Iftikhar Gilani, correspondant du quotidien indien Kashmir Times et des journaux pakistanais Daily Times et The Nation, a été libéré de la prison de Tehar, à New Delhi. A sa sortie de prison, le journaliste a déclaré : "Mon cas est une leçon pour tous ceux, et notamment les journalistes, qui croient les théories de l'accusation sans vérifier les faits (…) Rien ne peut compenser la liberté d'un individu." Iftikhar Gilani avait été interpellé le 9 juin 2002 par une équipe de policiers et d'agents des services fiscaux. La police l'a successivement accusé de fraude, de pornographie, puis de détenir sur son ordinateur portable des plans relatifs à la présence militaire indienne au Cachemire. Le 10 juin, Iftikhar Gilani a été formellement arrêté en vertu de la Loi sur les secrets officiels. Au départ provisoire, sa détention a été prolongée à huit reprises. Tout au long de sa détention, les manifestations de journalistes en faveur de sa libération se sont multipliées au Cachemire. En septembre Reporters sans frontières avait dénoncé une "accusation d'espionnage, (…) un grand classique des gouvernements qui tentent de faire taire ou d'intimider les journalistes critiques. Cette inculpation ne repose sur aucun élément concret". En juin, son avocat, V.K. Ohri, avait réussi à prouver devant la cour que les documents que le journaliste détenait sur son ordinateur étaient en réalité disponibles librement sur un site Internet. Le 23 décembre, un responsable des services secrets de l'armée indienne affirmait devant la juge qu'il n'y avait rien de secret dans les informations trouvées dans l'ordinateur de M. Gilani. Suite à ces déclarations, le gouvernement indien a été contraint d'abandonner la plainte et de demander à la cour, le 10 janvier, de libérer le journaliste.