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17 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste arrêté pour un article sur l'esclavage


RSF proteste contre l'arrestation du directeur de publication du Khartoum Monitor et contre l'amende que doit payer ce quotidien en raison du contenu d'un article.
Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Abdel Rahim Mohamed Hussein, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'arrestation de Nhial Bol, directeur de publication du Khartoum Monitor, et contre l'amende infligée à l'unique quotidien en langue anglaise du pays. Robert Ménard, secrétaire général de RSF a demandé au ministre de remettre le journaliste en liberté. "En condamnant le journal à une amende exorbitante, les autorités judiciaires soudanaises démontrent qu'elles recherchent avant tout sa fermeture", a-t-il ajouté. L'organisation a rappelé que le Khartoum Monitor a été censuré à plusieurs reprises durant l'année 2001 et qu'Alfred Taban, membre du conseil d'administration de l'hebdomadaire et correspondant de la BBC et de Reuters, a été arrêté trois fois. Selon les informations recueillies par RSF, Nhial Bol, directeur de publication du Khartoum Monitor, a été condamné le 16 janvier à une amende de 5 millions de livres soudanaises (454 euros) pour avoir écrit dans le Khartoum Monitor que la compagnie étatique des chemins de fer fermait les yeux sur le transport de personnes enlevées par des marchands d'esclaves arabes dans la région de Bahr al-Ghazal, au sud-est du pays. Le quotidien a également été condamné à une amende de 15 millions de livres (1350 euros). Nhial Bol a été incarcéré la veille à la prison d'Omdurman dans l'attente du paiement de l'amende à laquelle il a été condamné. En cas de non-paiement, il passerait six mois en prison. La plainte émanait de la présidence soudanaise qui reproche également au journaliste d'avoir parlé d'enlèvements de Soudanais à une délégation américaine venue enquêter sur l'esclavage. Le journaliste et son journal ont l'intention d'interjeter appel. Alfred Taban s'attend à ce que les autorités confisquent les biens du journal (deux ordinateurs et des fournitures de bureau).