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8 juin 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste arrêté à Karshi alors que s'accentue la pression du pouvoir sur les médias indépendants


Tulkin Karaev, journaliste indépendant et collaborateur de l'Institute for War and Peace Reporting (IWPR), a été arrêté à Karshi (sud du pays), le 4 juin, et emprisonné pour au moins dix jours pour « hooliganisme ». Reporters sans frontières en appelle à l'Union européenne et aux Etats-Unis afin de faire pression sur le président ouzbek pour qu'il libère le journaliste.
Tulkin Karaev, journaliste indépendant et collaborateur de l'Institute for War and Peace Reporting (IWPR), a été arrêté dans sa ville de Karshi (sud du pays), le 4 juin 2005. Il a été immédiatement emprisonné pour au moins dix jours sans autre forme de procès. « Après les terribles évènements d'Andijan de mai 2005, alors que le contexte politique et social ouzbek demeure explosif, le président Islam Karimov montre une nouvelle fois sa détermination à maintenir coûte que coûte son pays sous le joug d'un pouvoir autoritaire d'un autre âge. Les autorités de Tachkent semblent décider à faire taire toute voix dissidente dans le pays en se livrant à une véritable « chasse aux sorcières ». Reporters sans frontières s'insurge contre l'arrestation abusive d'un journaliste indépendant n'ayant cherché qu'à rendre compte de la situation dramatique des droits de l'homme en Ouzbékistan. Nous en appelons à l'Union européenne et aux Etats-Unis afin de faire pression sur le président ouzbek pour que ce journaliste soit relâché dans les plus brefs délais et que cessent ces atteintes intolérables à la liberté de la presse », a déclaré l'organisation. Tulkin Karaev a été agressé par une inconnue dans les rues de Karshi le 4 juin. A la suite de cet incident, les autorités ont accusé le journaliste de « hooliganisme » et lui ont infligé une peine de prison d'au moins 10 jours. Gaybulla Djalilov, défenseur ouzbek des droits de l'homme qui l'accompagnait, a déclaré que ce genre d'agression était une tactique courante utilisée par les autorités comme prétexte pour arrêter les dissidents. L'appartement de Tulkin Karaev était surveillé en permanence par la police depuis les évènements du 13 mai à Andijan et certains de ses amis avaient été interrogés afin d'obtenir des informations sur le journaliste. Marié et père de deux enfants, il est l'un des derniers journalistes indépendants de Karshi. Il a écrit beaucoup d'articles sur les problèmes politiques et sociaux ouzbeks pour l'IWPR, organisation internationale de défense des médias. Le 25 mai 2005, le quotidien d'Etat Pravda Vostoka, a demandé que les noms des photographes et collaborateurs de l'IWPR soient dévoilés à la télévision, dans un article intitulé « Défense de la souveraineté nationale du peuple ouzbek ». Depuis que l'IWPR et d'autres organisations de défense des droits de l'homme ont rapporté le massacre de centaines de civils par les forces de sécurité ouzbèkes, elles font l'objet d'attaques ciblées de la presse russe et gouvernementale.