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12 février 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste abattu à Phuket


Reporters sans frontières a exprimé son indignation auprès du ministre de l'Intérieur thaïlandais, Wanmuhamadnoor Matha, après le meurtre de Surapong Ritthi, correspondant du quotidien Thai Rath et de la chaîne de télévision Channel 3 dans la province de Phuket (sud du pays). Le reporter a été abattu, le 11 février, de deux balles dans la tête dans un lieu touristique. "Si ce crime reste impuni, c'est toute la profession qui se sentira menacée", a souligné l'organisation de défense de la liberté de la presse. En effet, d'après les sources policières, cet assassinat pourrait être lié aux investigations journalistiques de Surapong Ritthi sur les activités illicites de certains investisseurs dans cette zone très touristique du pays. Reporters sans frontières a demandé au ministre de garantir une enquête "sérieuse et exhaustive" afin d'établir les raisons de ce meurtre, d'identifier les coupables et de les sanctionner. Surapong Ritthi a été assassiné le 11 février 2002, tôt dans la matinée, alors qu'il se trouvait dans une épicerie de l'île de Phuket (sud de la Thaïlande), à proximité de la célèbre plage de Patong. Le journaliste, âgé de quarante-trois ans, a été suivi par un individu à l'intérieur du commerce. Celui-ci a ouvert le feu à bout portant. Touché à la tête par deux balles de revolver, Surapong Ritthi est mort sur le coup. L'assassin est immédiatement sorti de l'épicerie et a réussi à s'enfuir. Surapong Ritthi écrivait pour le plus grand quotidien en thaï Thai Rath et travaillait pour la chaîne indépendante Channel 3 dans la région de Phuket. D'après le colonel Chalit Thinthani, commandant de la police locale, Surapong était bien informé sur différentes affaires sensibles dans la région. En particulier, il avait publié des articles sur les activités illégales du milieu des spectacles et des jeux de hasard. Récemment, le journaliste avait enquêté sur des spectacles érotiques donnés dans un go-go bar de la plage de Patong. La police avait ensuite fermé l'établissement. Mais le chef de la police n'a pas écarté la possibilité que cet assassinat soit lié à un conflit personnel.