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1 septembre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Touché mais pas coulé : la Marine royale thaïlandaise échoue à torpiller le site Phuketwan


Reporters sans frontières (RSF) accueille avec soulagement l’acquittement des journalistes du site Phuketwan, Alan Morison et Chutima Sidasathian, abusivement poursuivis pour diffamation par la Marine Royale thaïlandaise.
Reporters sans frontières se félicite de l’acquittement, prononcé le 1er septembre 2015, des journalistes Alan Morison et Chutima Sidasathian, après quelque 20 mois de poursuites judiciaires. Alan Morison, 67 ans, rédacteur en chef australien du site d'informations Phuketwan, et Chutima Sidasathian, 31 ans, journaliste et spécialiste de la question des Rohingyas, étaient poursuivis pour diffamation et violation du Computer Crime Act par la Marine royale thaïlandaise. Ils encouraient sept ans de prison. « Nous sommes extrêmement soulagés d’apprendre l’acquittement d’Alan Morison et Chutima Sidasathian, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Même dans une Thaïlande gouvernée par les militaires, la Marine ne saurait dissuader des journalistes d’enquêter, et d’autres de citer ces enquêtes, qui d’ailleurs ne la visaient pas directement. La Marine royale a cherché à torpiller un site d’information local. Si elle ne l’a pas coulé, le Phuketwan est touché financièrement. Sans oublier l’effet dissuasif d’un tel procès, qui pourrait inciter d’autres reporters à l’autocensure. Les autorités thaïlandaises doivent cesser de faire usage à tort et à travers de la loi sur la diffamation. Le Computer Crime Act doit être abrogé. Ces deux lois représentent une épée de Damoclès permanente pour la liberté de la presse dans le pays. » Les deux journalistes étaient poursuivis depuis le 18 décembre 2013, pour diffamation et violation du Computer Crime Act. En cause, la publication, le 17 juillet 2013, par le Phuketwan d’un article intitulé “Les militaires thaïlandais profitent du commerce de boat people, selon une enquête spéciale” contenant un paragraphe issu d’une enquête publiée par Reuters dans laquelle l’agence accuse l’ensemble des forces navales thaïlandaises de participer au trafic de Rohingyas. Reuters n’a pas fait l’objet de poursuites. La Thaïlande est 134e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015, établi par Reporters sans frontières.