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28 juin 2018

Taïwan: RSF et l’Association des amis de Liu Xiaobo dévoileront une statue en mémoire du prix Nobel de la paix

L’association des amis de Liu Xiaobo et RSF dévoileront le 13 juillet, à Taipei, une statue érigée en mémoire de l’homme de lettres, prix Nobel de la paix et prix RSF, mort un an auparavant d’un cancer non soigné durant sa détention en Chine.

L’Association des amis de Liu Xiaobo, dirigée par l’activiste d’origine chinoise Wu’er Kaixi, par ailleurs membre du Conseil émérite de RSF, doit dévoiler à Taipei le 13 juillet prochain une statue pour commémorer le premier anniversaire de la mort en détention en Chine du prix Nobel de la paix et prix RSF. La statue, conçue par l’artiste taïwanaise Cheng Ai-Hua et financée par une souscription avec le soutien de RSF, sera installée provisoirement dans un espace public près de la célèbre Tour 101, un lieu très fréquenté des touristes chinois. 


Le 12 juin dernier, une autre statue de Liu Xiaobo a été érigée temporairement sur le parvis du centre commercial Time Square à Hong Kong, et retirée depuis. Au Canada, terre d’immigration taiwanaise et chinoise, l’Association de Toronto pour la démocratie en Chine, Amnesty International Canada et PEN Canada ont annoncé le projet d’ériger une statue en mémoire de l’homme de lettres, qui devrait être dévoilée en juin 2019, pour le 30e anniversaire du massacre de la place Tian’anmen.


Liu Xiaobo, défenseur infatigable de la liberté d’expression et de la liberté d'information, incarnait la résistance à l'oppression en Chine. RSF lui avait décerné son prix de la Liberté de la Presse en 2004, six ans avant le prix Nobel de la paix. Dans son manifeste «Charte 08», publié sur internet, Liu Xiaobo avait plaidé pour des réformes politiques pacifiques, ce qui lui a valu une condamnation à 11 ans de prison. En 2010, Liu Xiaobo s’était vu décerner le prix Nobel de la paix, qu'il avait dédié de sa cellule «aux âmes errantes du 4 juin», en référence aux victimes du massacre de la place Tian’anmen en 1989.


Sa veuve, Liu Xia, toujours prisonnière


Liu Xiaobo est mort le 13 juillet 2017, moins de trois semaines après l’annonce d’un cancer du foie en phase terminale et son transfert à l’hôpital, où il restait maintenu en isolation et sous la surveillance la plus stricte. En dépit d’une mobilisation internationale, le pouvoir chinois n’a pas autorisé l’écrivain à se rendre à l’étranger pour recevoir des soins.


Le monde craint désormais pour la vie de sa veuve, Liu Xia, peintre, poète et photographe, que les autorités chinoises séquestrent chez elle à Pékin depuis l’attribution du prix Nobel en 2010 à son mari emprisonné, alors qu’elle n’est accusée d’aucun crime ou délit. En mai, dans un enregistrement téléphonique transmis aux médias par le dissident Liao Yiwu, qui vit à Berlin, elle confiait son désespoir face au refus des autorités chinoises de la laisser partir pour l’Allemagne.


La Chine reste l'une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes, au 176e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018.