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3 février 2021

Syrie : la journaliste Hala Jerf arrêtée pour cybercriminalité

La présentatrice, basée à Damas, a été arrêtée par les forces de sécurité après avoir dénoncé les conditions de vie dégradées dans son pays. Reporters sans frontières (RSF) déplore la difficulté pour les journalistes d’aborder les sujets sensibles dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien.

Elle fait partie de la dernière campagne d’arrestations annoncée par le ministère syrien de l’Intérieur. La présentatrice de la chaîne gouvernementale Syrian TV Hala Jerf a été emprisonnée ce samedi 30 janvier avec huit autres personnes par les forces de sécurité. L’opération a été menée dans le cadre “des efforts pour combattre la publication, et la transmission de fausses nouvelles ou de rumeurs malveillantes” en ligne, explique le ministère de l'Intérieur. La journaliste avait partagé une série de publications sur son compte Facebook, dont l’une dénonçait les conditions de vie dégradées et le retour à "l'âge de pierre” dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien.


Interrogé par les médias locaux, le président de l’Union des journalistes syriens (liée au gouvernement) Moussa Abdelnour a confirmé que la journaliste était visée par une enquête en vertu de la loi sur la cybercriminalité qui interdit toute publication affaiblissant le “sentiment national” ou la diffusion d’informations “portant atteinte au prestige de la nation”. Moussa Abdelnour a également assuré que le syndicat des journalistes accompagnerait Hala Jerf lors des interrogatoires.


Il est regrettable de constater que les journalistes syriens continuent d'être arrêtés et poursuivis lorsqu’ils abordent des sujets sensibles, réagit la responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, Sabrina Bennoui. Il devrait leur être permis de se faire l'écho des préoccupations des Syriens dans leur vie quotidienne sans craindre des représailles."


En septembre dernier, le journaliste Kenan Wakkaf, basé à Tartous (ville côtière), avait été emprisonné après avoir publié un article sur des faits de corruption dans le secteur de l’énergie pour le quotidien Al-Wehda. Il avait été libéré quelques jours plus tard grâce à l’intervention du ministre des Médias Imad Sara. 


La Syrie occupe la 174e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.