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21 février 2020 - Mis à jour le 24 février 2020

Syrie : deux journalistes tués et une dizaine de blessés dans les zones de combat

Deux journalistes syriens ont été tués et une dizaine blessés à Idlib et à Alep, depuis que les combats se sont intensifiés dans ces deux villes. Reporters sans frontières (RSF) souligne le danger auxquels les journalistes syriens s’exposent lorsqu’ils couvrent les opérations militaires, et demande à ce que tout soit mis en oeuvre pour les protéger.

Le photographe Abdel Nasser Haj Hamdan, travaillant pour le Media Office de Binnish, a été tué le 20 février dans la localité de Maarat Al-Naasan, alors qu’il couvrait les bombardements russo-syriens dans le nord de la province d’Idlib. Avant lui, le 4 février dernier, le journaliste Amjad Aktalati avait trouvé la mort à Ariha, dans le sud de la province d’Idlib. Sur Facebook, il informait ses abonnés sur les événements militaires locaux. Dans sa dernière publication, il déclarait : “La situation est catastrophique à Ariha”. 


Depuis plusieurs semaines, le gouvernement syrien intensifie ses bombardements sur le dernier bastion rebelle d’Idlib et sur la poche de résistance d’Alep. “Quand les combats s'intensifient, les premières victimes sont les journalistes locaux, souligne Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF). Notre accès à l'information de terrain dépend d'eux, car les journalistes étrangers y pénètrent rarement. Les autorités doivent donc tout mettre en oeuvre pour les protéger.


Les journalistes loyaux envers le gouvernement sont autorisés à accompagner l'armée nationale syrienne et bénéficient d'une protection, mais ils ne sont pas pour autant épargnés. La correspondante de RT Arabic, Wafa Shabrouney, a été blessée le 29 janvier à Idlib par un engin explosif déposé par un djihadiste du groupe Hay’at Tahrir Al-Sham (HTS). A Alep, quatre journalistes ont été blessés par des tirs de l’opposition armée le 2 février : la correspondante de la chaîne iranienne Al-Alam Diaa Kaddour et son caméraman Ibrahim Kahil, la correspondante de Sama TV Kinana Alloush et le correspondant de la chaîne Al-Kawthar Sohaib Al-Masry. Le 12 février, des membres de l'équipe de l'agence officielle SANA, Shadi Halwi, George Orfelian et Shareef Abs, ont été blessés dans les mêmes circonstances.


La Syrie occupe la 172e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.