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9 janvier 2018 - Mis à jour le 11 janvier 2018

Soudan: RSF condamne la confiscation de huit journaux par les services de sécurité

Une du quotidien Al-Jareeda qui a été confisquée le 8 janvier 2018
Huit journaux ont été confisqués par les services de sécurité soudanais pour avoir évoqué l’envolée du prix du pain ou le mécontentement social provoqué par cette hausse sans précédent des prix des denrées de base. RSF dénonce une censure flagrante et demande aux autorités de mettre un terme à toute violation de la liberté d’informer.

L’intégralité des exemplaires de six journaux dénonçant le doublement du prix du pain a été saisie le 7 janvier 2018 par les services de renseignement et sécurité soudanais (NISS). Les autorités n’ont pas donné de raisons officielles à cette confiscation qui a affecté des journaux indépendants (Al-Tayar, Al-Mustagilla, Al-Karar, Al-Assayha) ou proches de l’opposition (Akhbar Al-Watan, Al-Midan). Le lendemain, les exemplaires du quotidien Al-Jareeda et de l’hebdomadaire Al-Bahth -qui avaient couvert les manifestations liées à cette flambée du prix du pain dans la capitale Khartoum et les régions du Darfour et du Nil-Bleu- ont à leur tour été confisqués. La couverture de ces protestations, qui ont fait un mort, par Al-Midan a de nouveau valu au quotidien d’être saisi à la sortie de l’imprimerie le 9 janvier.


La saisie de journaux publiant des contenus qui déplaisent au gouvernement est devenue une pratique courante des services de sécurité soudanais, déplore Reporters sans frontières. Censurer les médias qui osent couvrir la gronde sociale et critiquer une décision du gouvernement est non seulement une atteinte au droit international, mais en plus une mesure illusoire pour mettre fin au mécontentement d’une population.


La rédactrice en chef du journal Akhbar Al-Watan, Hanadi al-Siddig, confirme “qu’elle n’avait pas été notifiée de cette saisie” et que “cette confiscation était vraisemblablement une réaction à la couverture transparente, honnête et professionnelle de la hausse des prix et du coût élevé de la vie”. La journaliste avait déjà fait l’objet d’intimidations de la part du NISS en décembre 2017.


Le quotidien Al-Tayyar est également un des journaux parmi d’autres qui a déjà été saisi à plusieurs reprises en 2017. Son rédacteur en chef de Al-Tayyar, Osmani Mirgani a subi maints interrogatoires à la suite de la publication d’article sur des exportations illégales de matériaux radioactifs par le Soudan.


D’après le Sudan Tribune, les services sécurité soudanais “ont l’habitude de confisquer des journaux soit pour empêcher la circulation de certaines informations soit pour les sanctionner de façon rétroactive sur des affaires antérieures”. Le motif le plus invoqué pour légitimer la confiscation des journaux est “la sécurité nationale”. Cette pratique du NISS a déjà été dénoncée par RSF dans le passé compte tenu de ses graves conséquences financières.


Le Soudan risque de rester en fin de peloton en conservant la peu convoitée 174ème place sur 180 dans le Classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.