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14 juin 2019 - Mis à jour le 18 juin 2019

Sommet du G20 : l’Arabie saoudite doit faire un geste fort avant de retrouver sa place au sein de la communauté internationale

JUAN MABROMATA / AFP
Après le Japon, c’est l’Arabie saoudite qui prendra en 2020 la présidence du G20, la passation étant prévue fin juin à Osaka. Isolée lors du précédent sommet tenu quelques semaines après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, l’Arabie doit faire un geste fort avant d’assumer ce rôle diplomatique majeur. Reporters sans frontières (RSF) a identifié 30 journalistes actuellement emprisonnés et appelle le royaume à les libérer.


Les 28 et 29 juin prochains, l’Arabie saoudite participera au sommet du G20 à Osaka, au Japon, et VOIR LES 30 PRISONNIERS ICIprendra pour un an la présidence de ce groupe de pays pour l’année 2020. Pour Reporters sans frontières (RSF), le retour du royaume sur la scène internationale, neuf mois après l’assassinat de Jamal Khashoggi, ne saurait se produire sans que les journalistes en détention dans le pays ne soient libérés. Selon notre plus récent décompte, au moins 30 journalistes, professionnels ou non, sont actuellement détenus arbitrairement dans le pays, qui est devenu l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes.

L’Arabie saoudite va se retrouver sous les projecteurs diplomatiques et médiatiques parmi  les plus puissants de la planète en prenant la présidence du G20, observe Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous considérons que le Royaume ne saurait avoir une pleine légitimité pour assumer ce rôle si des dizaines de journalistes demeurent en détention, neuf mois après l’horrible assassinat de Jamal Khashoggi par des agents du pays. La communauté internationale ne saurait offrir à l’Arabie saoudite les bénéfices politiques de la présidence du G20 sans geste fort après la tragédie d’Istanbul. Nous demandons à Riyad de prendre ses responsabilités et d'abandonner toutes les charges qui pèsent sur les 30 journalistes séquestrés arbitrairement et demandons à tous les autres pays membres du G20 d’intervenir en ce sens””.

En mai dernier, RSF a pris acte de la libération provisoire de la professeure et journaliste Hatoon Al-Fassi, à la veille du ramadan. Un peu plus tôt, en mars, les autorités saoudiennes avaient également libéré provisoirement la fondatrice du blog Saudi Woman et défenseure des droits des femmes, Eman Al-Nafjan. Toutes deux faisaient partie d’un groupe de onze femmes ciblées il y a un an par une vague d’arrestations sans précédent. Elles étaient notamment accusées de “contacts suspects avec des entités étrangères” en raison de leurs communications avec des médias étrangers, des diplomates et des organisations de défense des droits humains. Ces deux journalistes figuraient sur les listes de RSF, transmises directement aux autorités saoudiennes.

Au Classement mondial pour la liberté de la presse de 2019 établi par RSF, l’Arabie Saoudite occupe la 172e place sur un total de 180 pays.