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17 avril 2018

Six mois après l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, RSF et des ONG internationales réclament justice

Rassemblement à la Valette, Malte en mémoire à la journaliste Daphne Capuana Galicia, six mois après son assassinat. (c)PAM/RSF
A La Valette, Londres, Bruxelles, Berlin et Washington, des organisations de défense de la liberté d'expression et de lutte contre la corruption réclament une enquête indépendante sur l’assassinat de la journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia et demandent que justice soit rendue.

Six mois après sa mort, de nombreuses initiatives ont honoré lundi la mémoire de la journaliste et blogueuse maltaise anticorruption, Daphne Caruana Galizia tuée le 16 octobre 2017 par une bombe placée sous sa voiture. Au-delà de l’hommage, ces différents rassemblements ont été l’occasion de rappeler la nécessité qu’une justice pleine et entière soit rendue dans cette affaire. Car si trois suspects ont été arrêtés, l’ensemble des personnes impliquées dans la préparation et la commission de ce crime doivent encore être identifiés et jugés.


A la Valette, une messe a été célébrée en soirée par l'archevêque de Malte Mgr Charles Scicluna, juste avant un hommage qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes. A cette occasion Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, a salué la mémoire de la journaliste et rappelé la détermination de l’organisation à rester mobilisée jusqu’à ce que justice soit rendue: “Six mois après son assassinat, nous sommes rassemblés pour rendre hommage à une femme remarquable et à une courageuse journaliste d’investigation, a notamment déclaré Pauline Adès-Mével. Nous sommes tous ici pour montrer aux autorités maltaises et à la communauté internationale que nous n’oublierons pas Daphné Caruana Galizia et que nous nous battrons sans relâche jusqu’à ce que toutes les personnes impliquées dans son assassinat soient traduites devant la justice. Nous sommes rassemblés pour défendre la liberté de la presse, car attaquer un journaliste où qu’il soit revient à attaquer le journalisme partout dans le monde”.


En ce jour anniversaire , des dizaines de représentants d’organisations de défense de la liberté d’expression et de lutte contre la corruption ainsi que des membres de sa famille étaient également réunis devant la représentation maltaise à Londres pour rendre hommage à la journaliste d’investigation. Au cours de cette cérémonie, les participants ont lu des textes écrits par la journaliste et brandi des feuilles de laurier, symbole de courage, en solidarité avec les soutiens de la journaliste à Malte.


Lors d’une soirée-débat à la chambre des communes, le député britannique Tom Brake, Paul Caruana Galizia, le plus jeune fils de la journaliste, Rebecca Vincent, directrice du bureau RSF à Londres, et Maggie Murphy de Transparency International ont évoqué l’état de l’enquête et exhorté le Royaume-Uni à prendre des mesures pour obtenir justice dans cette affaire.


"Ma mère a été assassinée parce qu’elle enquêtait sur le crime et la corruption au sein des autorités maltaises. La justice ne sera pas rendue par le gouvernement maltais. Le Royaume-Uni doit agir avec l'ensemble de la communauté internationale contre les réseaux criminels qui se sont emparés de Malte et ont éliminé la voix indépendante de l’île” a notamment déclaré Paul Caruana Galizia.


Des rassemblements se sont également tenus à Bruxelles, Washington, et Berlin, Dresde, Amsterdam ou Edinburgh à l’appel de RSF et d’autres organisations internationales.


A Malte, l’hommage était conjointement organisé par les organisations Civil Society Network, Occupy Justice, il-Kenniesa and Awturi et RSF. A Londres, l’hommage était organisé par RSF, ARTICLE 19, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) , English PEN, Index on Censorship, PEN International, la fédération européenne des journalistes (FEJ) , Index on Censorship, the International Press Institute et PEN International.


Malte occupe actuellement la 47ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF et également la 47e place sur 176 du classement Corruption Perception Index 2016de l'ONG Transparency International.