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3 septembre 2018 - Mis à jour le 5 septembre 2018

Sept ans de prison : RSF condamne le verdict inique qui frappe Wa Lone et Kyaw Soe Oo en Birmanie

Consternation à la sortie de l'audience de verdict pour Kyaw Soe Oo (gauche) et Wa Lone, au matin du lundi 3 septembre (photos : Ye Aung Tha / AFP).
Le jugement du procès des reporters de Reuters Kyaw Soe Oo et Wa Lone a été rendu ce matin : sept ans d’emprisonnement. Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté cette décision qui vient clore une instruction fantoche, et appelle à la libération immédiate des journalistes.

C’est un jour noir pour la liberté de la presse en Birmanie. A l’issue d’un simulacre de procédure, les deux journalistes de l’agence Reuters Kyaw Soe Oo et Wa Lone ont été condamnés, ce matin, lundi 3 septembre, à sept ans de prison par un tribunal de Rangoon. Leur crime ? “Atteinte aux secrets d’Etat”, selon le verdict. Ils avaient en réalité mené une enquête sur un massacre de dix civils rohingyas, il y a exactement un an et un jour, par des militaires birmans, dans le village d’Inn Dinn, dans le nord de l’Etat de l’Arakan.


“La condamnation de Kyaw Soe Oo et Wa Lone est un coup terrible porté à la liberté de la presse en Birmanie, déplore Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La justice étant clairement aux ordres dans cette affaire, nous appelons les plus hautes autorités du pays, à commencer par la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi, à remettre en liberté ces journalistes, dont le seul crime est d’avoir fait leur travail. Ce jugement inique, qui clôt une parodie d’instruction, remet clairement en cause le processus de transition démocratique en Birmanie.”


Le massacre sur lequel avait porté l’enquête des deux reporters de Reuters a été reconnu par l’armée, et sept militaires ont été condamnés pour cela à dix ans de prison. Durant les audiences préliminaires, un agent de police avait avoué que ses supérieurs avaient monté une machination pour remettre des documents prétendument confidentiels aux deux journalistes et les arrêter dans la foulée. C’est seulement sur cette preuve, totalement fabriquée, que repose le verdict de ce procès.


La Birmanie se positionne à la 137e position sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.