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7 juillet 2020 - Mis à jour le 8 juillet 2020

Russie : RSF s’inquiète de l’arrestation d’Ivan Safronov pour “trahison”

Crédit : Vasily MAXIMOV / AFP
Arrêté aujourd’hui par les services secrets pour “haute trahison”, l’ancien journaliste de Kommersant risque jusqu’à 20 ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités à davantage de transparence dans l’enquête.

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Auteur d’articles retentissants sur la politique intérieure russe, l’armée et la politique spatiale, Ivan Safronov risque aujourd’hui 20 ans de prison. Il est accusé par les services secrets (FSB) d’avoir trahi son pays. Cette figure du journalisme a été arrêté le 7 juillet 2020 par des agents en civil. Selon une déclaration succincte du FSB, il aurait collecté des secrets d’Etat au profit d’un pays de l’OTAN. 


“Son arrestation nous inquiète profondément, surtout au lendemain de la condamnation absurde d'une autre journaliste pour "apologie du terrorisme", affirme la responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF, Jeanne Cavelier. Bien que le Kremlin nie formellement un quelconque lien avec son activité journalistique, l’absence de détails rend son incarcération suspecte. Les autorités ne peuvent pas se cacher derrière la raison d'Etat. Nous leur demandons de préciser les raisons de sa détention et de mener une enquête dans la plus grande transparence.”


Ivan Safronov a quitté le quotidien économique Vedomosti en avril dernier, pour protester contre l’ingérence éditoriale subie par la rédaction. Il travaillait depuis comme conseiller du directeur de l'agence chargée du programme spatial civil russe Roskosmos, lequel a confirmé que sa détention n’était pas liée à son emploi actuel. Le bureau de l’ex-journaliste, ainsi que son domicile, ont été perquisitionnés.


Ivan Safronov avait par ailleurs été licencié de Kommersant en mai 2019, après un article sur la présidente du Sénat, réputée proche de Vladimir Poutine. Ses collègues du service politique avaient démissionné, par solidarité. La rédaction a publié aujourd’hui une déclaration pour le soutenir.


La Russie occupe la 149e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2020, publié par RSF.