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14 juin 2018

RSF inquiète après la disparition du journaliste d’investigation serbe Stefan Cvetković

Le journaliste Stefan Cvetkovic © DR
Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités serbes et kosovares à faire la lumière sur la disparition inquiétante du journaliste d’investigation serbe Stefan Cvetkovic dans la nuit du 13 au 14 juin près de Bela Crkva en Serbie.

Selon les informations recueillies sur le terrain, la voiture du journaliste Stefan Cvetkovic a été retrouvée dans la nuit du 13 au 14 juin 2018, moteur et feux allumés, porte ouverte mais sans son conducteur. Toutes les tentatives des collègues et des proches du reporter pour le joindre sont restées infructueuses. Selon certains témoignages, le bracelet de sa montre aurait été retrouvé brisé à proximité du véhicule.


Connu pour ses critiques à l’égard des autorités locales contre lesquelles il avait déposé plainte en 2014 pour détournement de fonds publics, Stefan Cvetkovic avait à l’époque interpellé publiquement trois officiels serbes au sujet de leur rôle dans des affaires criminelles. Entre autres sujets sensibles, il avait également enquêté sur l’assassinat d’un leader politique serbe du Kosovo, Oliver Ivanovic, tué par balles à Mitrovica le 16 janvier dernier. Stefan Cvetkovic était en conflit avec plusieurs hommes politiques locaux et s’était plaint à plusieurs reprises d’être menacé.


Aujourd’hui, RSF se tient aux côtés des journalistes serbes et demande aux autorités serbes et kosovares de mettre tous les moyens en oeuvre pour faire la lumière au plus vite sur la disparition inquiétante de Stefan Cvetkovic”, déclare Pauline Adès-Mével, responsable de la zone UE-Balkans de RSF.


Interrogé au sujet de sa disparition, Ilir Gaši, le directeur des programmes de la fondation Slavko Ćuruvija ( du nom d’un journaliste serbe assassiné en 1999 ) et membre du groupe de travail sur la sécurité des journalistes en Serbie s’est dit particulièrement inquiet :“De nombreuses forces de police ont été envoyées sur place et nous espérons sincèrement que le journaliste est bel et bien vivant. Il faut reconnaître qu’actuellement, le nombre d’attaques contre des journalistes ne cesse d’augmenter dans le pays et que très peu sont résolues. Les plus grandes affaires comme les meurtres des journalistes Slavko Curuvija, Milan Pantic ou Dada Vujasinović sont restées sans réponse.”


RSF avait dénoncé en mars 2017 la condamnation du journaliste à deux ans et trois mois de prison pour diffamation et divulgation de documents non autorisés pour laquelle il avait fait appel.


La Serbie a dégringolé de 10 places et se situe aujourd’hui à la 76e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières, notamment à la suite d’attaques, de pressions ou de menaces contre des journalistes.