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13 janvier 2017

RSF et France Médias Monde demandent l’abandon des charges à l’encontre de la journaliste bahreïnie Nazeeha Saeed

Alors que le procès de Nazeeha Saeed s’ouvre le 16 janvier prochain au Bahreïn, Reporters sans frontières (RSF) et France Médias Monde (FMM) exhortent les autorités à abandonner les charges portées à l’encontre la journaliste.

Nazeeha Saeed, correspondante bahreinie pour France 24 et Radio Monte-Carlo Doualiya, est poursuivie au Bahreïn depuis l’été 2016 pour “travail sans autorisation” par une autorité au sein du ministère de l’information . Son procès s’ouvre le 16 janvier prochain. Elle risque une amende allant jusqu’à 1000 dinars bahreinis (2 400 euros). La journaliste est dans une situation délicate depuis le refus des autorités en juin dernier de renouveler son accréditation pour les médias internationaux France 24 et Radio Monte-Carlo.


Nous réitérons notre soutien à Nazeeha Saeed et exhortons les autorités à abandonner immédiatement les charges qui pèsent contre elle afin qu’elle puisse à nouveau exercer librement son métier, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. L’acharnement à son encontre est injustifié et ne fait que confirmer la volonté du royaume de réduire au silence les voix indépendantes.”


Contacté par RSF, son avocat Hameed Mullah a estimé que sa condamnation constituerait une exaction grave à l’encontre de la liberté de la presse. Il a également précisé qu’en octobre dernier, il avait demandé en vain au tribunal d’avoir accès au dossier.


« Nous nous félicitons de la mobilisation à nos côtés, depuis juillet 2016, des organisations internationales de défense de la liberté de la presse, au premier rang desquelles RSF, déclare Marie-Christine Saragosse, Présidente-directrice générale de France Médias Monde. Nous demandons aux autorités bahreïnies d’annuler cette procédure infondée menée à l’encontre de Nazeeha Saeed et de lui permettre d’exercer à nouveau sa mission d’informer librement dans son pays, au plus vite. »


En juillet dernier, Nazeeha Saeed a été convoquée par le parquet, qui lui a appris qu’elle était visée par une enquête pour « usurpation de la qualité de correspondant étranger et pour travail sans autorisation ». Ces accusations surviennent peu après une interdiction de voyager imposée à la journaliste sans aucune explication.


La journaliste bénéficie d’un soutien fort de la communauté internationale. Le 28 juillet 2016, plus de 40 organisations ont lancé un appel afin de dénoncer le harcèlement orchestré à son encontre par les autorités.


Ce n’est en effet pas la première fois que Nazeeha Saeed se retrouve dans le collimateur du pouvoir. Depuis plus de cinq ans, elle lutte pour obtenir réparation auprès de la justice pour des actes de tortures qu’elle a subis pendant 13 heures en 2011, au poste de police de Rifa’a. La journaliste avait à l’époque été convoquée au commissariat, après sa couverture des manifestations pro-démocratiques à Manama. En novembre 2015, la justice bahreïnie a décidé de ne pas poursuivre devant les tribunaux les policières, responsables de ces actes, au prétexte que les preuves étaient insuffisantes.


Une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes avec 14 journalistes et blogueurs derrière les barreaux, le royaume du Bahreïn se place à la 162e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2016 par Reporters sans frontières.