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14 avril 2017

RSF dénonce la condamnation à mort d’un journaliste détenu par les Houthis

© Al-Araby al-Jadid
Reporters sans frontières (RSF) dénonce avec la plus grande fermeté la condamnation à mort du journaliste yéménite Yahya Abdelraqib Al-Jubaihi, le 12 avril dernier, par un tribunal de Sanaa contrôlé par les rebelles houthis. Il est accusé d’intelligence avec des pays étrangers.

Le journaliste Yahya Abdelraqib al-Jubaihi, 62 ans, a été condamné à mort le 12 avril dernier par une cour criminelle à Sanaa, passée sous contrôle des rebelles houthis. Il est accusé d’espionnage au profit d’un pays ennemi à la suite de contacts avec l’ambassade saoudienne. Il s’agit de la première condamnation à mort d’un journaliste au Yémen.


Cette condamnation à mort par les Houthis crée un précédent dangereux pour les journalistes dans le pays, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation.Ce jugement prononcé au terme d’un procès inéquitable est une grave atteinte au droit international. Nous demandons aux responsables houthis de libérer immédiatement le journaliste”.


Selon le syndicat des journalistes yéménites, qui a fermement dénoncé ce jugement jugé anticonstitutionnel, le journaliste a été condamné sans aucun moyen de se défendre dans un procès inique.


Le ministère de l’Information a condamné ce jugement. De son côté, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères yéménite, Abdel Malak al-Mekhlafi, a réagi sur son compte Twitter en dénonçant le jugement et demandé l’intervention du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. RSF appelle également l’ONU à mettre tout en oeuvre pour que les journalistes arbitrairement détenus par les groupes armés au Yémen soient libérés.


Journaliste respecté, Yahya Abdelraqib est détenu dans la prison de Habra à Sanaa depuis son arrestation à son domicile, le 6 septembre 2016. Après avoir longtemps travaillé pour des médias saoudiens et yéménites tels que Al-Tagheer, il a présidé le département d’information du cabinet du Premier ministre puis travaillé comme conseiller médiatique au sein du cabinet. Il a également occupé la fonction de conseiller médiatique au sein de l’ambassade saoudienne à Sanaa, en plus d’être conférencier à la faculté des médias de l’université de Sanaa.


Au moins 16 journalistes et collaborateurs de médias sont actuellement détenus par des groupes armés dans le pays, parmi lesquels les Houthis et Al-Qaida. Le Yémen figure à la 170e place (sur 180) du Classement 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.