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30 mai 2018 - Mis à jour le 31 mai 2018

RSF dénonce de graves abus des forces de l’ordre argentines contre un photographe

Source: Emergentes (@emergentemedio)
Le photographe Roque Azcurraire a été violemment agressé puis arbitrairement arrêté par une unité de la police argentine lors d’une opération illégale dans un quartier de Buenos Aires. RSF dénonce des pratiques scandaleuses et une entrave au travail d’information du journaliste.

Pour avoir voulu filmer une intervention policière dans son quartier de Buenos Aires, le photographe du site communautaire La Garganta Poderosa, Roque Azcurraire, a été agressé puis arrêté par des policiers. Le tort du photographe : avoir été témoin d’une opération policière illégale. Selon le témoignage d’Ignacio Levy, le représentant du collectif La Garganta Poderosa, des agents de la PNA (Prefectura Naval Argentina- une entité fédérale complémentaire de la police argentine) se sont déployés dans le quartier populaire Villa 21-24 de la capitale argentine le samedi 26 mai et ont tenté d’intimider des mineurs qui devaient être entendus comme des témoins dans le cadre d’une enquête pour torture policière, impliquant six agents de cette même unité.


L’intervention a rapidement dégénéré. Les policiers sont alors entrés de force et sans mandat judiciaire au domicile de Roque Azcurraire, où il vit avec plusieurs membres de sa famille. Ils ont confisqué son matériel, l’ont insulté puis frappé avant de l’emmener au poste, en compagnie de son beau frère. Les deux hommes ont été maintenu en détention deux nuits, au prétexte d’avoir commis “une tentative de vol”, avant d’être libérés le lundi 28 mai.


“RSF dénonce le comportement inacceptable des forces de l’ordre argentines qui, en plus d’agir sans mandat judiciaire, s’en prennent directement à un journaliste qui tentait de faire son travail d’information, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique latine de RSF. Il s’agit d’une grave atteinte à la liberté de la presse; les fonctionnaires responsables de cette agression doivent être identifiés et sanctionnés par la justice argentine”.


L’année dernière déjà, plusieurs reporters avaient été violemment agressés et pris à parti par les forces de police lors de grandes manifestations.


L’Argentine est 52e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par Reporters sans frontières.