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5 novembre 2021 - Mis à jour le 8 novembre 2021

RSF demande le retrait des poursuites contre le lanceur d’alerte à l’origine de la fuite vidéo massive montrant la torture et les abus sexuels dans les prisons russes

Crédit : Capture d'écran de TV Rain
Reporters sans frontières (RSF) témoigne son soutien au lanceur d’alerte Sergueï Saveliev, après la fuite massive, début octobre, de 40 gigaoctets de vidéos dévoilant les mauvais traitements, la torture et les abus sexuels dans les prisons russes. L’organisation demande aux autorités russes d’abandonner les poursuites contre lui et aux autorités françaises d'accepter sa demande d’asile politique.

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Le 23 octobre, la police russe a placé le lanceur d’alerte Sergueï Saveliev sur la liste des personnes recherchées et l’a arrêté par contumace. Les autorités russes envisagent de soumettre à Interpol un avis de recherche international. L’informaticien de nationalité biélorusse a collecté des centaines de vidéos provenant pour l’essentiel de la prison-hôpital pour tuberculeux de la région de Saratov, au sud-est de la Russie. Début octobre, l’ONG russe Gulagu.net, spécialisée dans la défense des prisonniers et la dénonciation des crimes commis en prison, a révélé détenir 40 gigaoctets de vidéos collectées par le lanceur d’alerte montrant les abus et la torture dans les prisons russes. Ces vidéos, dont certaines images ont été divulguées dans la presse russe et internationale, documentent environ 500 cas de violences – dont une quarantaine de viols – commis par des détenus sur d’autres détenus, à la demande de l’administration pénitentiaire.


“Si les accusations ne sont pas nouvelles, c’est la première fois que sont portées à la connaissance du public des vidéos de tortures et d’abus sexuels réalisées à la demande de l’administration pénitentiaire russe elle-même, affirme la responsable du bureau Europe de l’Est en Asie centrale, Jeanne Cavelier. Ce lanceur d’alerte doit être protégé pour ces révélations effroyables sur le système carcéral. Nous exhortons les autorités russes à abandonner les poursuites contre Sergueï Saveliev et demandons aux autorités françaises de lui accorder l’asile en France.” 


Arrêté en Russie en 2013 pour trafic de drogue, une accusation qu’il réfute, Sergueï Saveliev est un ancien détenu de la prison-hôpital pour tuberculeux de la région de Saratov où il a lui-même subi des violences. Alors qu’il purge sa peine, il est “embauché” comme administrateur de caméras de vidéosurveillance par l’administration pénitentiaire qui souhaite mettre à profit ses compétences informatiques. C’est dans ce cadre qu’il réussit à collecter illégalement durant plusieurs années les 40 gigaoctets de vidéos de tortures, avant de les remettre à sa sortie de prison à l’ONG Gulagu.net. Craignant les représailles, le lanceur d’alerte a fui la Russie pour la France à la mi-octobre.


La Russie occupe la 150e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF.