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9 mai 2016 - Mis à jour le 19 mai 2016

RSF demande la réouverture du bureau d’Al-Jazeera à Bagdad

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Reporters sans frontières (RSF) dénonce la suspension des activités de la chaîne qatarie Al-Jazeera en Irak. L’organisation exhorte la Commission des communications et des médias (CMC) à revenir immédiatement sur cette décision.

Le retrait de la licence d’Al-Jazeera et la fermeture pour un an de ses locaux à Bagdad ont été rendus publics le 27 avril 2016. La CMC l’avait annoncé un mois plus tôt, reprochant à la chaîne de multiples infractions aux règles instaurées en 2014 dans le cadre de la guerre contre le groupe Etat islamique.


Il s’agit d’une décision arbitraire à l’encontre du bureau d’Al-Jazeera à Bagdad déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. RSF demande aux autorités d’annuler cette décision, au nom du pluralisme des médias et de la liberté de la presse garantie par la Constitution. Les employés de la télévision doivent pouvoir reprendre leur travail”.


Selon Waleed Ibrahim Mahmood, directeur du bureau de la chaîne à Bagdad, et contacté par RSF, cette décision de censure “très radicale” vise le siège d’Al-Jazeera à Doha, dont les programmes et la politique éditoriale ne plaisent pas aux autorités irakiennes. Il précise que le bureau de Bagdad a reçu à de nombreuses reprises des menaces de la part d’inconnus armés.


La télévision est accusée par les autorités irakiennes d’inciter à la violence et au confessionalisme. Ziad Ajili, directeur de l’Observatoire de la liberté de la presse (le JFO) en Irak, défend le travail professionnel de la chaîne sur le territoire irakien.


Le bureau d’Al-Jazeera à Bagdad a fait appel de la décision de la CMC. Les réserves des autorités concernant la politique éditoriale de la chaîne ont été remontées à Doha. Toute activité du bureau irakien est suspendue en attendant un possible retour de la CMC sur sa décision.


La chaîne avait déjà été interdite en 2013, avec neuf autres chaînes de télévision, à la suite d’accusations d’incitation à la violence et au sectarisme.


Pour rappel, la CMC est également à l’origine de la fermeture des bureaux de la chaîne Al-Baghdadia par les autorités irakiennes le 16 mars dernier. Mise en place en 2003 au lendemain de l’intervention américaine, la CMC a officiellement pour mandat de réguler le secteur des médias. Depuis sa création, elle a pourtant essuyé de nombreuses critiques portant sur son manque d’indépendance et sur certaines décisions constituant de réelles atteintes à la liberté de la presse.


L’Irak figure aujourd’hui a la 158ème place (sur 180) du Classement 2016 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.