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31 mars 2016 - Mis à jour le 8 avril 2016

RSF dénonce les pressions sur les bureaux de la chaîne Al-Baghdadia en Irak


Reporters sans frontières (RSF) dénonce la fermeture arbitraire des bureaux de la chaine Al-Baghdadia par les autorités irakiennes le 16 mars dernier. RSF demande aux autorités de régulariser la situation de cette télévision, cible d’intimidations récurrentes.

Les bureaux de la chaîne indépendante irakienne Al-Baghdadia à Bagdad ont été arbitrairement fermés le 16 mars dernier par les forces de l’ordre, accompagnées d’un employé de la commission des médias et de la communication (CMC). L’opération a été répliquée dans les autres provinces du pays et la licence de la chaîne lui a été retirée.

RSF demande aux autorités irakiennes de cesser leurs pressions sur Al-Baghdadia et de permettre à cette dernière de travailler normalement, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient. La chaîne doit récupérer sa licence, et ses employés doivent pouvoir reprendre leur travail. La fermeture de cette télévision envoie un message inquiétant en matière de liberté d’information dans le pays”.

Selon un communiqué du ministère de l’intérieur publié le 17 mars, la décision émane de la Commission des médias et de la communication (CMC) qui accuse certaines chaînes de fonctionner illégalement, sans licence. D’après les médias locaux et notre organisation partenaire (JFO), cette fermeture intervient en fait à la suite de décisions prises sous l’ancien gouvernement de Maliki. Selon les mêmes sources, les autorités ont également chassé les employés en leur interdisant l’entrée sur leur lieu de travail. Le directeur de la chaîne Najem Al-Rabi’i a affirmé au JFO que la chaîne n’avait reçu aucun avertissement ou notification au préalable de la part de cette commission. D’après les propos recueillis par RSF, le directeur a affirmé que la chaîne est considérée comme un danger pour le gouvernement à cause de son travail d’investigation sur les affaires de corruption mais aussi, plus récemment, en raison de sa large couverture des manifestations populaires.

Ce n’est pas la première fois que la chaîne irakienne basée en Egypte est visée par les autorités. Elle avait été suspendue en juin 2014 par le satellite égyptien Nilesat, à la suite d’une plainte déposée par le ministère irakien des Communications. Le 25 novembre 2010, la chaîne avait officiellement mis fin à ses activités en Irak, après la fermeture quelques jours plutôt de l’ensemble de ses bureaux dans le pays par la CMC. Et jusqu’en avril 2014, où elle a été de nouveau autorisée, sur décision judiciaire, à reprendre ses activités en Irak.

La CMC, mise en place en 2003 au lendemain de l’intervention américaine, a officiellement pour mandat de réguler le secteur des médias. Selon la presse locale, elle prévoierait de fermer 13 radios locales dans la province de Bassorah, accusées de travailler sans licence.

L’Irak figure aujourd’hui a la 156ème place (sur 180) du Classement 2015 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.