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11 février 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF demande la création d’une commission d’enquête internationale


Reporters sans frontières réclame l’instauration d’une commission d'enquête internationale destinée à identifier les commanditaires du double homicide, perpétré le 11 février 2012, du couple de journalistes bangladais, Sagar Sarowar et Meherun Runi. “Depuis l’assassinat de Sagar Sarowar et Meherun Runi il y a tout juste un an, l’enquête, confiée aux forces d’élite du “Rapid Action Battalion” (RAB), piétine. Le RAB communique sur son ‘engagement’ et son ‘implication’ dans l'enquête. Pour autant, son passif en terme d’abus des droits de l’homme et les méthodes choquantes employées - tels les multiples interrogatoires du fils des deux journalistes emprisonnés, Megh, âgé de six ans - devraient suffire à écarter le RAB d’une affaire aussi sensible”, a déclaré Reporters sans frontières. “Nous appelons le Premier ministre Sheikh Hasina à décharger le RAB du dossier et à soutenir la mise en place d’une commission d’enquête internationale, afin de garantir la conduite d’une investigation réellement indépendante et transparente, comme le demandent les proches de Sagar Sarowar et Meherun Runi. En 2009, la Première ministre avait elle-même requis l’assistance du FBI et de Scotland Yard, pour enquêter sur le massacre de militaires par des mutins. De la même manière, la création d’une commission internationale témoignerait de son engagement dans la lutte contre l’impunité des crimes envers la presse, qui entrave de manière croissante la liberté fondamentale de l’information au Bangladesh”, a ajouté l’organisation. Une manifestation de soutien aux familles de Sagar Sarowar et Meherun Runi a été organisée à Dacca, et retransmise en direct sur internet. (Voir ici) Sagar Sarowar et son épouse Meherun Runi, respectivement responsable de l’information de Maasranga Television et journaliste de la chaîne ATN Bangla, ont été poignardés à mort dans leur appartement de Dacca, le 11 février 2012. Shahara Khatun, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé que les coupables seraient capturés dans les 48 heures suivant le drame. Pourtant, un an après les faits, ils sont toujours en liberté. Des mobilisations de leurs confrères journalistes ont eu lieu à plusieurs reprises, pour réclamer l’arrestation des coupables et afficher leur mécontentement face à la stagnation de l’enquête, proposant que si aucun effort supplémentaire n’était fourni par le ministère de l’Intérieur et l’inspecteur général de la police, les médias s’y substitueraient et conduiraient leur propre enquête. Le 9 octobre, le nouveau Premier ministre, Muhiuddin Khan Alamgir, annonçait l’arrestation de sept suspects : Tanvir Rahman, une connaissance de Meherun Runi, le gardien de leur résidence Palash Rudra  et les voleurs présumés Rafiqul Islam, Bakul Miah, Masum Mintu, Kamrul Hasan Arun et and alleged robbers Rafiqul Islam, Bakul Miah, Masum Mintu, Kamrul Hasan Arun and Md Sayeed. Mais les journalistes et les proches du couple ont immédiatement réfuté ces accusations, convaincus que le pouvoir bangladais cherchait avant tout à protéger les vrais coupables. L’année 2012 a été particulièrement meurtrière pour les acteurs de l’information. Deux autres journalistes, Jamal Uddin, reporter du journal en langue bengalie Gramer Kagoj, et Talhad Ahmed Kabid, correspondant pour le Dainik Narsingdi Bari, ont été tués les 15 juin et 23 octobre, sans que les coupables n’aient été identifiés. A ces meurtres s’ajoutent les agressions et menaces formulées envers les professionnels des médias, en signes de représailles du pouvoir ou des forces de police. Ces violences sont principalement à l’origine de la chute du Bangladesh de la 129ème à la 144ème place du classement mondial 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.