Actualités

16 mai 2019

RSF demande au Japon de délivrer un passeport au correspondant de guerre Kosuke Tsuneoka

PHOTO : YOSHIKAZU TSUNO / AFP
Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités japonaises à délivrer un nouveau passeport au reporter de guerre Kosuke Tsuneoka. Le précédent avait été révoqué en février en vertu d’une réglementation contestable.

Le 24 avril, le correspondant de guerre japonais Kosuke Tsuneoka, 49 ans, a attaqué en justice le Ministère des Affaires étrangères de son pays afin de pouvoir à nouveau se rendre à l’étranger. En février, alors qu’il s'apprêtait à embarquer pour le Yémen à l’aéroport de Tokyo Haneda, il avait découvert que son passeport était révoqué en vertu d’une réglementation qui vise à empêcher les journalistes de se rendre dans les zones de conflit. Tsuneoka couvre le Moyen-Orient et l’Afrique depuis deux décennies et avait été retenu en otage cinq mois en Afghanistan en 2010.


Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités japonaises à renouveler immédiatement le passeport du journaliste et à abolir les dispositions juridiques qui autorisent cette pratique abusive. « La détention d’un passeport et la liberté de se déplacer sont des droits fondamentaux en démocratie, rappelle Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF, pour qui les autorités japonaises «feraient mieux de montrer de la gratitude envers les journalistes qui risquent leur vie pour informer le public, plutôt que de les punir. »


En 2015, le ministère des Affaires étrangères japonais avait aussi suspendu le passeport du photographe freelance Yuichi Sugimoto alors qu’il cherchait à se rendre en Syrie pour enquêter sur le meurtre du journaliste indépendant Kenji Goto par l’ État Islamique. Il avait lui aussi engagé une action en justice avant d’être débouté en 2017.


Depuis quelques années, une frange de l’opinion japonaise accuse les correspondants de guerre d’être irresponsables en se rendant dans des zones où ils risquent d’être enlevés, ce qu’elle voit comme une source d’embarras pour le pays. Le journaliste Jumpei Yasuda, qui a été retenu otage en Syrie pendant trois ans, a ainsi été obligé de s’excuser publiquement après sa libération en octobre dernier.


Le Japon se trouve au 67e rang sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2019 publié par RSF.