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26 mars 2018 - Mis à jour le 27 mars 2018

RSF condamne le meurtre de deux journalistes dans l’Est de l’Inde

L'assassinat de Navin Nischal (gauche) et Vijay Singh (centre) a provoqué des manifestations spontanées des membres de la communauté locale (photos : ANI / NewsNation).
Deux journalistes ont été volontairement percutés par un véhicule, dimanche 25 mars, dans l’Etat du Bihar, dans l’Est de l’Inde. Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement ce double-meurtre et appelle les autorités indiennes à mener l’enquête à terme tout en prenant enfin des mesures pour protéger les journalistes.

Dimanche soir, deux journalistes ont été tués dans le district de Bhojpur, dans l’Etat de Bihar, en Inde de l’Est. Navin Nischal, journaliste pour le journal hindi Dainik Bhaskar, et Vijay Singh, un confrère, étaient en moto lorsqu’ils ont été percutés par un 4x4 conduit par Mohammad Harsu, un ancien “Mukhiya”, un chef de communauté villageoise, accompagné de son fils. Les deux reporters sont morts sur le coup. Selon la famille des victimes, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un assassinat.


D’après les déclarations de la police, diverses sources ont révélé qu’une dispute aurait eu lieu dans la journée entre Navin Nischal et Mohammad Harsu, à propos des articles du journaliste du Dainik Bhaskar. Le “Mukhiya” avait déjà proféré des menaces à l’encontre de Navin et d’autres journalistes locaux. En fuite dans un premier temps, Mohammed Harsu a finalement été arrêté ce lundi matin par les forces de police.


“Nous saluons l’arrestation d’un des coupables de ce crime affreux, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Mais nous encourageons surtout les pouvoirs publics à retrouver tous les coupables et à ne pas laisser ce crime impuni. La violence endémique qui touche les journalistes en Inde atteint depuis quatre ans des niveaux inégalés, et l’impunité dont bénéficient trop souvent leurs auteurs entretient un insupportable climat d’insécurité dans la profession. Des mesures concrètes doivent être prise au niveau fédéral pour la protection des journalistes.”


A la fin de l’année 2017, au moins trois journalistes ont été tués en Inde pour leur activité professionnelle, dont Gauri Lankesh, abattue devant son domicile de Bangalore, au sud du pays. Alors qu’un suspect vient tout juste d’être arrêté par les autorités, ce double-meurtre témoigne de la dangerosité du pays pour les journalistes. Moins de 24 heures après le meurtre de Navin Nischal et Vijay Singh, le journaliste Sandeep Sharma a été écrasé par un camion-benne dans le centre de l’Inde. Il enquêtait sur les mines de sable illégales pour une chaîne de télévision nationale.


L’Inde est située à la 136ème position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2017.