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13 avril 2018

RSF condamne l’assassinat des journalistes équatoriens enlevés par un groupe dissident des FARC

RODRIGO BUENDIA / AFP
Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat de l’équipe du journal équatorien El Comercio, enlevée quelques jours auparavant par un groupe dissident des FARC, à la frontière entre l’Equateur et la Colombie. Une enquête transparente et exhaustive doit être menée par les autorités des deux pays.

Des photos des corps sans vie du journaliste Javier Ortega, du photographe Paul Rivas et du conducteur Efrain Segarra ont été diffusées le 12 avril, leur authentification vient d’être confirmée par le président de l'Equateur Lenin Moreno. Les trois hommes, qui travaillaient pour le quotidien équatorien El Comercio, avaient été enlevés, le 26 mars 2018 par le groupe dissident des FARC « Frente Oliver Sinisterra FARC-EP”. Ils s’étaient rendus dans la province d’Esmeraldas, à la frontière colombienne, afin de couvrir les affrontements entre les autorités et des groupes armés, devenu récurrents depuis janvier 2018.


Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte odieux et exhortons les gouvernements de l’Equateur et de la Colombie à la plus grande transparence quant aux circonstances de leur assassinat, déclare Antoine Bernard, directeur général adjoint de RSF. Une enquête indépendante doit intervenir sur les actions menées par les autorités des deux pays ces deux dernières semaines afin d’assurer la libération des journalistes. Les responsabilités doivent être établies, et le cas échéant, sanctionnées.”


Depuis l’annonce de leur enlèvement, de nombreuses informations contradictoires ont circulé. Le 11 avril, un communiqué signé par le groupe dissident des FARC, et largement diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux, affirmait que l’équipe de El Comercio avait été abattue en représailles aux opérations militaires menées par les gouvernements dans la zone, signe que les autorités n’étaient pas prêtes à négocier. Une information démentie par les autorités des deux pays, arguant que l’authenticité du communiqué et des photos ne pouvait à ce stade être confirmée.


Le président de l'Equateur, Lenin Moreno, a annulé sa participation au Sommet des Amériques, qui commence ce vendredi à Lima (capitale du Pérou), et est rentré en urgence hier soir à Quito. Il a déclaré qu'il donnait 12 heures aux ravisseurs pour apporter une preuve de vie des trois otages. "Dans le cas contraire, nous agirons avec la plus grande fermeté" pour “punir ces gens qui violent tous les droits de l'Homme”, a-t-il déclaré.


L’Equateur et la Colombie sont respectivement classées 105e et 129e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2017.