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8 septembre 2017

RSF condamne la publication en Hongrie d’une liste de “journalistes ennemis”

Un site d'informations pro-gouvernemental hongrois a publié cette semaine une liste comprenant les noms de huit journalistes - pour la plupart correspondants de médias étrangers - accusés de "servir les intérêts" du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, bête noire du gouvernement de Viktor Orban depuis des mois.

Voici une liste de “propagandistes étrangers de Soros” indique sur sa première page le portail progouvernemental 888.hu depuis le 5 septembre dernier. Les noms et biographies de huit journalistes hongrois ou d’origine hongroise travaillant pour des médias étrangers sont ensuite détaillés. Tous sont accusés d’effectuer “un travail de propagande” en faveur du milliardaire américain George Soros, que le Premier ministre Viktor Orban a déclaré ennemi public numéro 1. L’article leur reproche notamment de n’être ni “objectifs” ni “indépendant” et de "discréditer" la Hongrie auprès de l’opinion internationale.


Ces attaques ciblées contre des journalistes sont extrêmement inquiétantes pour la liberté de la presse et le pluralisme en Hongrie,” déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau Union européenne de RSF. Cette forme de radicalisation contre des journalistes indépendants et critiques à l’égard du gouvernement est indigne d’une démocratie.”


Les campagnes menées contre le milliardaire George Soros, accusé de s'ingérer dans la

politique hongroise et de vouloir faire venir des milliers de migrants en Europe, redoublent d’intensité depuis quelques mois en Hongrie.


En juillet 2017, le gouvernement avait lancé contre l’homme d’affaires une vaste campagne d'affichage dans tout le pays et mis en garde contre le rôle de certains médias “exploités" par Soros. Devant le tollé provoqué par ces affiches, le gouvernement avait cependant été contraint de les retirer.


En toile de fond, les élections législatives qui se dérouleront en avril 2018, pour lesquelles le Premier ministre Viktor Orban brigue un nouveau mandat et espère accroître l’influence de son parti, le Fidesz.

Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orbán fin 2010, la Hongrie accuse un recul démocratique. Le pays est classé 71e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2017.