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22 novembre 2017

RSF appelle à redoubler d’efforts pour la libération de John Cantlie otage depuis cinq ans en Syrie

© Mustafa Karali
Cinq ans après l’enlèvement du journaliste britannique John Cantlie en Syrie, Reporters sans frontières (RSF) appelle la communauté internationale – et en particulier le gouvernement britannique – à redoubler d’efforts pour obtenir sa libération immédiate.

Voilà cinq ans que le journaliste britannique John Cantlie est détenu par l’organisation Etat islamique. Ce reporter du Sunday Times avait été enlevé, le 22 novembre 2012 près de la frontière turque au nord de la Syrie, en compagnie du journaliste américain James Foley, qui a par la suite été en 2014. Depuis, Cantlie a été mis en scène par l’EI dans 12 vidéos de propagande.


« Voilà cinq longues années aujourd’hui que John Cantlie est prisonnier de l’État islamique – cinq ans qu’il est privé de sa liberté, exploité, et utilisé à des fins de propagande. Nous appelons toutes les autorités compétentes à faire tout leur possible pour s’assurer que John et sa famille n’aient pas à vivre un jour de plus dans cet enfer, et qu’il soit immédiatement rapatrié en toute sécurité », a déclaré Rebecca Vincent, directrice du bureau de RSF au Royaume-Uni.


Cantlie est l’un des 22 journalistes que l’on estime être actuellement otages de l’EI. Bien que l’EI perde du terrain en Irak et en Syrie, aucune information n’a filtré sur le sort de ces journalistes. RSF appelle les autorités locales et internationales à redoubler d’efforts pour les retrouver et les rapatrier en toute sécurité.


Dans la dernière vidéo où il est apparu, en décembre 2016, Cantlie était pâle et émacié, signe d’une altération spectaculaire de sa condition physique depuis son apparition précédente dans une vidéo datée de juillet 2016. La vidéo du mois de décembre le montrait durant huit minutes dans les rues de Mossoul, commentant la destruction des ponts de la ville et interviewant les habitants. De précédentes vidéos ont été filmées dans différentes villes syriennes et iraquiennes parmi lesquelles Alep, Kobané, Raqqa et Mossoul.


A la suite de cette vidéo, des rapports non corroborés de médias irakiens ont fait état en juillet 2017 de la mort de Cantlie lors de frappes aériennes à Mossoul. En octobre, un combattant français de l’EI a déclaré au magazine Paris Match qu’il avait vu Cantlie « sept ou huit mois plus tôt » dans une prison de Raqqa, affirmant que Cantlie avait parlé aux prisonniers de leurs conditions de détention.


Respectivement classés au 158e et 177e rang du Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de RSF, l’Irak et la Syrie font partie des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes.