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20 décembre 2016 - Mis à jour le 23 août 2019

RSF appelle les autorités birmanes à accélérer l’enquête sur le meurtre de Soe Moe Tun

Soe Moe Tun, via Facebook
Une semaine après la découverte dans le nord-ouest de la Birmanie du corps sans vie de Soe Moe Tun, le reporter du quotidien Daily Eleven, Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités à redoubler d’efforts pour faire avancer l’enquête sur le meurtre du journaliste et identifier les commanditaires.

Le corps du journaliste, qui venait de publier des enquêtes sur la déforestation illégale près de Monywa, au nord-ouest du pays, et sur la prolifération de karaokés illégaux dans la ville, portait des traces de passage à tabac. Les forces de police de la région ont déclaré avoir formé une équipe spéciale d’investigation pour enquêter sur le décès du journaliste.


Selon les premières déclarations publiques de la police, "la mort du journaliste a été préméditée. Il y a plus d’un suspect, deux personnes sont peut-être impliquées. Les coupables ont effacé leurs empreintes digitales sur le bâton retrouvé près du corps (NDLR: qui aurait été utilisé par les meurtriers). La police judiciaire examine les communications téléphoniques de la victime. Six personnes ont été interrogées.”


“Nous saluons les avancées de l’enquête et surtout le fait que la piste journalistique ait été privilégiée par la police, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Le temps et les ressources disponibles pour les enquêteurs sont désormais comptés. Il est urgent que la lumière soit faite sur ce cas, car chaque jour qui passe éloigne un peu plus la possibilité d’identifier les coupables et les commanditaires de ce meurtre odieux. La majorité des meurtres résolus, le sont dans les premiers jours. Plus le temps passe, plus le risque de voir ce crime contre un journaliste rester impuni augmente.”


Reporter local basé dans la ville de Monywa, Soe Moe Tun avait rejoint le Daily Eleven au début de l’année 2014. Il est le deuxième journaliste tué en raison de ses activités journalistiques depuis la fin du régime militaire de la junte en 2011. En 2014, le journaliste indépendant Aung Kyaw Naing avait été abattu alors qu’il se trouvait en garde à vue.


"Cet assassinat porte à cinq le nombre de journalistes tués depuis 1999," déclare Zayar Hlaing, un membre du conseil de la presse du Myanmar. “Le gouvernement doit s'assurer que tout soit mis en oeuvre pour condamner les coupables et éviter de nouveaux cas d'impunité, comme cela a été constaté dans le passé"


Les journalistes du Myanmar sont souvent menacés et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a déclaré le mois dernier que “mettre fin à l’impunité de tout le harcèlement dont sont victimes les journalistes est l’étape la plus importante pour garantir la sécurité des journalistes du Myanmar.”


Bien qu’elle ait enregistré des progrès significatifs entre 2011 et 2014, la situation de la liberté de la presse en Birmanie demeure préoccupante. Le pays figure au 143ème rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2016.