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7 octobre 2016

RSF appelle à la relaxe du correspondant camerounais de RFI Ahmed Abba

Le 5 octobre s’est tenue au tribunal militaire de Yaoundé une nouvelle audience dans le procès du correspondant au Cameroun de Radio France Internationale (RFI), Ahmed Abba.

Une nouvelle audience dans le procès du correspondant en langue haoussa de RFI au Cameroun, Ahmed Abba, a eu lieu le 5 octobre 2016 au tribunal militaire de Yaoundé. Ce procès très suivi a vu les présences remarquées de représentants de la Commission européenne, de l’Ambassade de France, ainsi que de la Fédération camerounaise des éditeurs de presse.


Lors de cette audience, les avocats du journaliste, Me Charles Tchoungang et Me Clément Nakong, ont soulevé de nombreuses irrégularités de forme et dénoncé le non-respect du principe de contradiction avec l’apparition dans ce procès d’un nouveau témoin présenté par le commissaire du gouvernement et “expert en cybercriminalité” Ben Bidjocka. Un expert dont les avocats d'Ahmed Abba ont mis en cause le document d’expertise en l'absence de mise sous scellés du matériel informatique saisis lors de l'arrestation du journaliste.


Le procès a été mis en délibéré au 19 octobre 2016, date à laquelle le tribunal militaire devra se prononcer sur la question des exceptions de la défense, un moment décisif qui pourrait déboucher soit sur l’examen de fond du dossier, soit en l’absence de preuve à la relaxe sans charge du journaliste Ahmed Abba, détenu depuis le 30 juillet 2015.


“RSF suit avec vigilance ce procès. La prochaine audience sera d’une importance cruciale pour la relaxe d’Ahmed Abba, déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du Bureau Afrique de RSF. En l’absence de preuves tangibles, l’organisation appelle la justice camerounaise à abandonner toutes les charges retenues contre le journaliste et demande sa libération sans délai.


Accusé en novembre 2015 de “complicité d’actes de terrorisme” et de “non-dénonciation d’actes de terrorisme” en lien avec le groupe islamiste Boko Haram, Ahmed Abba a toujours clamé son innocence. Incarcéré depuis le 30 juillet 2015, il risque, en vertu de la loi sur la lutte contre le terrorisme de 2014, la peine de mort.


Le Cameroun est classé 126ème sur 180 pays au Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2016.