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28 juillet 2021

RSF appelle à la libération d’un journaliste soudanais détenu en Arabie saoudite

Un journaliste soudanais a été condamné à quatre ans de prison pour avoir partagé des publications et réalisé des interviews critiques des autorités saoudiennes. Reporters sans frontières (RSF) appelle à sa libération immédiate ainsi qu'à celle de l’ensemble des journalistes détenus dans le royaume.

Quatre ans de prison pour des tweets critiques. Selon Human Rights Watch (HRW), le journaliste et présentateur soudanais Ahmed Ali Abdulgadir a été condamné par la justice saoudienne le 8 juin 2021 pour “insulte aux institutions et symboles d'État" et “propos négatifs sur la politique du Royaume”. Il a notamment dénoncé sur son compte Twitter le soutien de l’Arabie saoudite à la révolution soudanaise de 2018 et son implication dans la guerre au Yémen. 


Ahmed Ali Abdulgadir s'était rendu en Arabie saoudite avec un visa de travail le 19 avril et a été arrêté à son arrivée à l'aéroport international de Jeddah, précise le communiqué de HRW. Le journaliste avait travaillé pendant plusieurs années dans le royaume avant de retourner au Soudan après l’expiration de son précédent permis de résidence. 


Nous appelons les autorités saoudiennes a immédiatement libérer le journaliste Ahmed Ali Abdulgadir, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient Sabrina Bennoui. Il est évident que les publications en ligne sur lesquelles la justice se fonde ne justifient en rien un emprisonnement . Ce  journaliste ne représente aucune menace pour le royaume.


Arrêté en direct à l'antenne


Le 6 avril, alors qu’il répondait à une interview sur la chaîne tunisienne Attessia TV depuis Khartoum au sujet de la création d’une base militaire russe au Soudan, des officiers étaient venus l'arrêter en direct à l'antenne, ce qui l’avait contraint à suspendre son intervention. 


En plus de ce journaliste soudanais, les autorités saoudiennes détiennent au moins deux autres journalistes étrangers, mais sans charge ni jugement : le Yéménite Marwan Al-Muraisy depuis juin 2018 et le Jordanien Abdelrahman Farhaneh depuis juin 2019.


L’Arabie saoudite occupe la 170e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.