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19 mars 2020

RSF appelle la Chine à cesser de réprimer les voix critiquant sa gestion du coronavirus

Le régime de Pékin s’évertue à faire taire les voix critiques remettant en cause sa gestion de la crise du coronavirus, alors que la pandémie s’étend dans le monde.

Alors que la pandémie de coronavirus continue de s’étendre dans le monde, les autorités chinoises s’évertuent à faire taire les nombreuses voix critiques qui mettent en cause leur gestion de la crise. Le 12 mars, le commentateur politique et magnat de l’immobilier Ren Zhiqiang, membre du Parti Communiste chinois, a ainsi disparu après avoir dénoncé les manquements du régime et serait selon des proches détenu dans les environs de Pékin. Le mois dernier, trois journalistes et deux autres commentateurs avaient déjà été arrêtés pour avoir publié des informations relatives à l’épidémie 


« En poursuivant sciemment sa politique de censure et de répression, alors même que celle-ci a contribué à la propagation du virus, le régime chinois montre qu’il n’a pas tiré la leçon de la crise, » regrette Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui appelle Pékin à « libérer immédiatement Ren Zhiqiang ainsi que tous les autres journalistes et commentateurs emprisonnés. » 


Le 10 mars, le magazine Ren Wu, du même groupe que le Quotidien du Peuple, a retiré des kiosques une édition dans laquelle la directrice des urgences de l’Hôpital central de Wuhan, Ai Fen, dénonçait la censure imposée aux médecins. Le site internet du quotidien anglophone China Daily a pour sa part censuré un article publié le 28 février et dans lequel le célèbre épidémiologiste Zhang Wenhong doutait de la thèse selon laquelle le virus aurait pu être importé de l’étranger.


Le 1er mars, l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation encore plus répressive a permis à Pékin de mettre un tour de vis supplémentaire sur les réseaux sociaux. Selon l’ONG Chinese Human Rights Defenders, plus de 450 internautes ont été interpellés depuis le début de l’année pour avoir partagé des informations sur le coronavirus qualifiées de “fausses rumeurs” par les autorités.


La pandémie de coronavirus qui sévit actuellement dans le monde a déjà causé plus de 9 000 morts et affecté plus de 220 000 personnes.


La Chine se situe au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019.