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18 mars 2020 - Mis à jour le 19 mars 2020

RSF appelle la Chine à annuler l’expulsion des journalistes du New York Times, Wall Street Journal et Washington Post

PHOTO: JEWEL SAMAD / AFP
Reporters sans frontières (RSF) appelle Pékin à annuler l'expulsion de tous les journalistes américains travaillant en Chine pour le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post.

Le ministère des Affaires étrangères chinois a annoncé mercredi 18 mars que le gouvernement comptait expulser les citoyens américains travaillant en Chine pour les médias New York Times, Washington Post et Wall Street Journal et leur interdirait également de couvrir Hong Kong et Macao. Les autorités chinoises obligeront aussi ces médias, ainsi que Time et Voice of America, à leur transmettre le détail de leur personnel et de leurs opérations. Cette décision, qui touche au moins 13 journalistes, est prise par la Chine “en représailles" contre des mesures prises en début d’année par l'administration américaine et qui réduisent le nombre de citoyens chinois employés par les médias d'État chinois aux États-Unis et d’exiger que ces derniers s'enregistrent en tant que missions étrangères.


Reporters sans frontières (RSF) appelle Pékin à revenir immédiatement sur ces mesures qui représentent une atteinte de plus au droit à l’information de la communauté internationale qui en a un besoin crucial dans sa lutte contre la pandémie de coronavirus.


Comme l’a indiqué le secrétaire général de RSF Christophe Deloire sur Twitter après l’annonce : « La Chine pense-t-elle réellement qu’il est pertinent d’expulser des journalistes ? Le contrôle despotique de l’information par Pékin a eu un impact très négatif au début de l’épidémie de Coronavirus. Le président Xi Jinping porte une lourde responsabilité devant tous les êtres humains.”


«C'est une nouvelle attaque d'envergure de Pékin contre la liberté de la presse dans le monde, que le régime veut présenter comme une guerre médiatique pour légitimer son actioninsiste Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF). Les médias visés par Pékin s’appliquent à respecter les principes et l’éthique du journalisme - dont l’indépendance éditoriale et la vérification des faits - tandis que les médias d'État chinois sont officiellement les porte-paroles du Parti communiste. » 


Les restrictions mises en place par l'administration américaine, annoncées le 2 mars et entrées en vigueur le 13 mars, s'appliquent à l'agence Chine Nouvelle, China Global Television Network, Radio Chine Internationale, China Daily Distribution Corporation et Hai Tian Development USA, cinq entreprises réputées pour diffuser la propagande du régime de Pékin.


Dans un rapport d’enquête intitulé « Le nouvel ordre mondial des médias selon la Chine » publié l’an dernier, RSF dévoilait la stratégie déployée par Pékin pour contrôler l’information hors de ses frontières, un projet qui menace la liberté de la presse dans le monde entier.


Les États-Unis occupent le 48e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019 alors que la Chine est 177e.