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12 août 2021

Royaume-Uni : la Haute Cour a commencé l’examen en appel de l’extradition d’Assange

Photo: Stefan Simanowitz
L’examen de l’appel du gouvernement américain suite au refus d'extradition de Julian Assange prononcé par un juge britannique en janvier dernier a débuté au Royaume-Uni : la Haute Cour a permis aux États-Unis de poursuivre leur action et d’ajouter deux nouveaux motifs aux trois déjà existants. Reporters sans frontières (RSF) appelle l’administration Biden à abandonner la procédure et à clore le dossier.

Lors de l’audience préliminaire de l’examen de l’appel du gouvernement américain de la décision de rejeter l’extradition du fondateur de Wikileaks Julian Assange, la Haute Cour a, le 11 août, accepté la poursuite de l’action judiciaire et donné l’autorisation aux États-Unis de présenter deux motifs supplémentaires, ce qui en porte le total à cinq. Lors de cette audience, l’avocat du gouvernement a stipulé que le témoignage du professeur Michael Kopelman sur la santé mentale de Julian Assange avait « prêté à confusion », puisque son premier rapport écrit produit devant la Cour ne révélait pas de manière explicite que Julian Assange était en couple (avec son avocate) et avait deux enfants en bas âge -- des faits omis pour protéger leur vie privée et de leur sécurité. Dans une démarche inhabituelle allant contre la décision du juge de district, la Haute Cour a considéré que cet argument pouvait être défendu lors de l’audience d’appel, portant ainsi à cinq le nombre de motifs auxquels les États-Unis peuvent avoir recours.

 

RSF a assisté à l’audience préliminaire grâce à l’obtention d’une accréditation lui permettant d’être présente dans la salle même, après avoir rencontré de grandes difficultés pour observer les précédentes séances.

 

« Les motifs qui ont été présentés aujourd’hui montrent bien que les États-Unis ont l’intention de poursuivre leur action jusqu’au bout, mais ça ne veut pas dire qu’il doit en être ainsi, déclare la directrice des campagnes internationales de RSF, Rebecca Vincent. Nous réitérons notre appel à l’administration Biden à abandonner sa procédure d’appel et à clore le dossier Assange, dont les conséquences sur le journalisme et la liberté de la presse sont extrêmement graves. Julian Assange devrait être libéré sans délai et certainement pas extradé aux États-Unis. »

 

Selon RSF, Julian Assange a été ciblé pour ses contributions au journalisme d’intérêt public. L’organisation reste inquiète des effets de sa longue détention à la prison de Belmarsh sur sa santé physique et mentale.

 

Les États-Unis et le Royaume-Uni occupent respectivement la 44e et la 33e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.