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25 octobre 2018

République tchèque : nouvelle provocation du président Milos Zeman à l’encontre de la presse

Légende de la bulle : 'J'aime les journalistes, voilà pourquoi je vais peut-être leur organiser ce soir un banquet spécial à l'ambassade d'Arabie saoudite" / Facebook
Habitué des provocations à l’encontre des journalistes, le président tchèque Milos Zeman a récidivé mercredi 24 octobre en faisant une plaisanterie du plus mauvais goût lors d’une conférence de presse. Reporters sans frontières (RSF) condamne ces nouveaux propos inadmissibles et l’exhorte à s’excuser.

Après avoir brandi une kalachnikov factice en octobre 2017 lors d’une conférence de presse, et affirmé quelques semaines plus tôt qu’il fallait “liquider les journalistes jugés trop nombreux”, le président tchèque, Milos Zeman, persiste et signe, affirmant cette fois-ci “J'aime les journalistes, voilà pourquoi je vais peut-être leur organiser ce soir un banquet spécial à l'ambassade d'Arabie saoudite".

 

Une allusion du plus mauvais goût à l’assassinat  du journaliste et commentateur saoudien Jamal Khashoggi tué au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre dernier et qui a déclenché un tollé mondial contre le royaume. Le président tchèque s’adressait à un groupe de journalistes à l’issue d’un discours, mercredi 24 octobre.

  

RSF dénonce cette nouvelle provocation odieuse du président tchèque à l’égard des journalistes, déclare Pauline Adès-Mével, responsable de la zone UE-Balkans de RSF. L’écoeurement est à son comble quand la surenchère atteint ce niveau de cynisme. Le président doit présenter des excuses à la communauté des journalistes et cesser ses joutes verbales nauséabondes, qui plus est à la veille des célébrations nationales du centenaire de la Tchécoslovaquie qui font craindre de nouvelles attaques contre la profession.”

  

Longtemps considérée comme un modèle d'intégration au sein de l'Union européenne, la République tchèque s'illustre désormais négativement en figurant dans le palmarès peu envié des pays où la liberté de la presse est de plus en plus menacée. Un sentiment que cet épisode brutal ne fait que renforcer.

  

Classée 34e sur 180 pays dans le Classement RSF 2018 de la liberté de la presse, la République tchèque accuse un des plus forts reculs - 11 places - cette année.