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21 août 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières préoccupée par les déclarations du directeur de la police judiciaire sur l'enlèvement d'Israël Jacky Cantave


Reporters sans frontières est vivement préoccupée par les déclarations de Jeannot François, directeur de la police judiciaire en charge de l'enquête relative à l'enlèvement d'Israël Jacky Cantave, de Radio Caraïbes FM, le 15 juillet 2002. Lors d'une conférence de presse, le 19 août 2002, le commissaire a mis en doute la version du journaliste, laissant entendre qu'il pouvait s'agir d'un coup monté. Reporters sans frontières a demandé à Jeannot François de fournir les preuves de ses affirmations. "Ces déclarations sans preuve à l'appui sont inacceptables. En effet, en présentant Israël Jacky Cantave comme un menteur, elles pourraient, aux yeux de ses ravisseurs, légitimer une nouvelle agression", s'est indigné Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) doit remettre prochainement au Commissaire du gouvernement un second rapport sur les circonstances de l'enlèvement d'Israël Jacky Cantave, de Radio Caraïbes FM, et de son ami Frantz Ambroise, le 15 juillet dernier. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 19 août 2002, Jeannot François a déclaré que les premiers résultats de l'enquête jetaient le doute sur la version du journaliste et ne permettaient pas d'écarter la possibilité d'un coup monté. Selon le directeur de la DCPJ, trois éléments contredisent le témoignage de Jacky Cantave. Tout d'abord, les trois rapports médicaux réalisés par trois médecins différents ne feraient état que de légères ecchymoses. Selon Jeannot François, il n'existerait "aucune trace de dommages mesurables qui prouveraient qu'ils (Cantave et Ambroise) auraient subi des maltraitances". Par ailleurs, le véhicule des deux hommes aurait bien été accidenté, mais une seule fois, dans la matinée du 15 juillet, c'est-à-dire avant leur enlèvement. Enfin, un témoin aurait révélé la présence d'autres personnes dans la voiture au moment de l'enlèvement, ce que n'avaient pas mentionné Israël Jacky Cantave et Frantz Ambroise. Israël Jacky Cantave et Radio Caraïbes FM ont rejeté les déclarations de Jeannot François et ont dénoncé les contradictions de la police judiciaire. Selon le journaliste et Patrick Moussignac, directeur de la station, la police "était déjà en possession des rapports médicaux" lors de la conférence de presse de la semaine précédente, au cours de laquelle elle avait reconnu que les deux hommes avaient subi des sévices corporels. Par ailleurs, les rapports du docteur Patrick René Pierre, qui avait soigné Jacky Cantave et son ami lors de leur admission à l'hôpital, et le docteur Berne, médecin choisi par la radio, font tous deux état de "traumatismes" chez les deux hommes. Le Dr. Berne mentionne également une "altération cardiovasculaire probablement liée au stress". Le troisième rapport, celui d'un médecin légiste, n'a pas été rendu public. Jacky Cantave a rappelé que la station avait dû insister lourdement pour que le Dr. Berne puisse examiner les deux hommes. Enfin, concernant les chocs reçus par la voiture et le nombre d'occupants, le journaliste confirme sa version des faits. Israel Jacky Cantave et Frantz Ambroise avaient été enlevés le 15 juillet 2002, et retrouvés sains et saufs le lendemain, dans le quartier de Petite Place Cazeau (est de Port-au-Prince). Les deux hommes avaient affirmé avoir été suivis puis interceptés par deux véhicules alors qu'ils quittaient Radio Caraïbes en voiture dans la soirée du 15 juillet. Ils avaient ensuite été conduits dans un lieu inconnu, où leurs ravisseurs les avaient interrogés et frappés. Selon les collègues et les proches de Israel Jacky Cantave, les menaces reçues par le journaliste auraient pour origine ses investigations dans la Cité Soleil et La Saline, deux bidonvilles de Port-au-Prince où sévissent les narcotrafiquants et les gangs armés. Consulter le communiqué précédent sur cet enlèvement