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14 septembre 2018

RDC : le journaliste porté disparu depuis mardi retrouvé en “état de choc”

Hassan Murhabazi, journaliste pour la radio Svein en RDC à son arrivée à l'hôpital de Bukavu, jeudi 13 septembre 2018. © radio Seyven
Le journaliste d’une radio communautaire porté disparu depuis plus de deux jours a été retrouvé vivant jeudi soir et affirme avoir été enlevé. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités congolaises de garantir sa sécurité et d’ouvrir une enquête pour identifier les auteurs du rapt.

Hassan Murhabazi, journaliste pour la radio Svein, a été retrouvé par des passants de Bukavu le 13 septembre dans la soirée, plus de deux jours après avoir disparu dans la capitale du Sud-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il avait quitté son domicile mardi matin suite à un appel anonyme et n’avait plus donné signe de vie depuis.


Joint par RSF, le directeur de la radio a précisé avoir pu s’entretenir quelques minutes avec son journaliste qui se trouvait en “état de choc” avant d’être transporté à l’hôpital pour des examens médicaux. “Il s’agit d’un enlèvement, confirme-t-il. Ses assaillants lui ont ordonné de se taire en précisant qu’il n’aurait pas de seconde chance”. Hassan Murhabazi est l’animateur de “Mkate”, une émission connue pour sa couverture critique de l'actualité politique en RDC. La dernière en date, diffusée dimanche dernier, était en partie consacrée à Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du parti au pouvoir pour l'élection présidentielle. Lundi, veille de son enlèvement, le journaliste avait reçu plusieurs SMS menaçants, lui demandant de “laisser tranquille” le successeur désigné par le président Joseph Kabila.


“Nous sommes soulagés d’apprendre que ce journaliste a été retrouvé vivant, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Les autorités congolaises doivent impérativement prendre conscience de la gravité de ce rapt et des menaces proférées contre Hassan Murhabazi. Alors que la tension monte à trois mois d’une élection présidentielle attendue depuis deux ans, il est indispensable qu’elles assurent sa sécurité et qu’elles ouvrent une enquête pour identifier les auteurs de cet enlèvement. Leur devoir est de protéger les journalistes pour que le débat d’idées puisse se tenir pendant cette période pré-électorale.”


L’élection présidentielle est prévue le 23 décembre prochain en RDC. Les atteintes à la liberté de la presse y connaissent traditionnellement une recrudescence dans les contextes pré-électoraux. Entre le 1er janvier et le 31 août 2018,  RSF a recensé 22 cas d’agressions et 35 arrestations dont la plupart ont été menées en dehors tout cadre légal. En juillet, deux journalistes menacés de mort ont été contraints de fuir leur domicile après la diffusion d’un documentaire abordant les expropriations menées sur un terrain revendiqué par le président Joseph Kabila.


La RDC occupe la 154e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.