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21 octobre 2021

RDC : la maison d’un journaliste incendiée par des miliciens

La maison du journaliste Prince Syaghendera, installé à Komanda, dans l'Ituri, a été incendiée volontairement par la milice “Chini ya Kilima”, le 26 septembre (crédit : RSF).
Les journalistes qui travaillent dans les provinces de l’Est du pays, en proie à des massacres et des exactions à répétition, doivent faire face à un contexte sécuritaire extrêmement dégradé. Reporters sans frontières (RSF) demandent aux autorités militaires qui dirigent la province de l’Ituri de tout mettre en œuvre pour que les auteurs de l’incendie criminel et ciblé ayant ravagé la maison d’un journaliste soient identifiés et traduits en justice.

Depuis près d’un mois, Prince Syaghendera, reporter pour la radio communautaire Tuendelee et le site d’information bunia-info24.com, est contraint de vivre dans la clandestinité. Dimanche 26 septembre, sa maison a été réduite en cendres en quelques heures seulement. Alerté par ses voisins, alors qu’il était en reportage, le journaliste installé à Komanda dans l’Ituri n’a pu que constater les dégâts une fois de retour chez lui. Selon les personnes présentes au moment des faits, l’attaque aurait été commise par plusieurs membres de “Chini ya Kilima”, des miliciens à l’origine de nombreux massacres et pillages dans la région. Une version corroborée par le journaliste lui-même qui rapporte avoir été menacé directement chez lui par ce groupe armé un peu plus tôt cette année, en raison de ses articles leur attribuant des exactions et actes criminels.

  

“Les autorités provinciales doivent impérativement mener une enquête sérieuse pour identifier et traduire en justice les auteurs de cet acte criminel, déclare le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger. Nous leur demandons de ne pas abandonner les journalistes et les médias de la province, sans quoi le contexte sécuritaire toujours aussi dégradé finira par priver les populations de la région du travail d’information indispensable que tentent encore d'effectuer les journalistes dans cette partie du pays.”

 

Le 14 août dernier, le directeur de la radiotélévision communautaire de Babombi (RTCB), émettant à Biakato en Ituri, Joël Musavuli, avait été poignardé à mort par des inconnus. Le journaliste recevait régulièrement des menaces de mort pour ses émissions faisant état des exactions commises par les groupes armés et les militaires congolais dans l’est du pays.

 

Depuis le 6 mai, un état de siège a été instauré dans les provinces de l’Ituri et Nord-Kivu qui sont désormais dirigées par des militaires. Cette mesure n’a pour l’instant pas permis de pacifier ces régions dans lesquelles les reporters sont exposés à une très forte insécurité. Plusieurs journalistes ont dû fuir leur ville ou leur village et au moins six radios communautaires ont dû suspendre leur activité en raison des menaces ou de la pénurie de carburant. 

 

La RDC occupe actuellement la 149e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.