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3 novembre 2017

RDC : importante hausse des violences contre les journalistes en 2017

Dans son rapport annuel sur l’état de la liberté de presse et d’expression intitulé «République démocratique du Congo : la répression se banalise», Journaliste en Danger (JED), l’organisme partenaire de Reporters sans frontières (RSF) en RDC, a saisi l’occasion de la journée internationale de la lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes pour publier son bilan sur les violations contre la liberté de la presse en République démocratique du Congo (RDC).

Dans son rapport 2017, Journalistes en danger (JED) dénonce la répression systématique de la liberté de presse et d’expression par le régime Kabila et présente un bilan en hausse de la répression, avec 121 cas documentés d’attaques contre les médias dont près de la moitié sont constitués des violences physiques contre les journalistes. En 2016, l’Organisation avait enregistré au moins 87 cas des violations de la liberté de l’information.


Concernant le contexte politique et médiatique dans lequel travaillent les journalistes, l’année qui s’achève en RDC a été marquée par une profonde crise politique due au fait que des élections n’ont pu être organisées l’année dernière, à la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila au pouvoir depuis plus de quinze ans. Le pays s’est par conséquent installé dans une profonde crise politique et sécuritaire.


Des manifestations de contestation initiées par l’opposition ou des mouvements des jeunes pour réclamer l’organisation des élections se sont multipliées et ont été violemment réprimées par les forces de sécurité. Les journalistes qui ont couverts ces démonstrations publiques ont été souvent interpellés, passés à tabac ou ont vu leurs matériels de travail détruits.


A côté de ces violences physiques, JED constate également une multiplication des cas de censure : « Lorsqu’elles ne s’attaquent pas physiquement aux journalistes, les autorités prennent des me­sures techniques de censure en coupant les signaux audiovi­suels ou internet pour censurer certains médias. Au cours de l’année écoulée, les autorités congolaises ont intimé l’ordre aux différents opérateurs four­nisseurs de service d’internet de couper la connexion ou de res­treindre l’accès aux réseaux so­ciaux, privant ainsi des milliers des congolais de l’information », peut-on lire dans ce rapport.


Non content d’empêcher les jour­nalistes congolais de travailler, les autorités congolaises ont également pris des mesures, en plus des coupures de signal de plusieurs médias interna­tionaux, pour limiter l’accès des jour­nalistes étrangers aux informations.


Pour JED, la montée en force des cas d’attaques et des violences enregistrées cette année, de même que l’impunité dont jouissent des personnes identifiables qui s’en prennent aux journalistes et aux médias, font partie d’un système de répression mis en place par les autorités congolaises, et qui vise à empêcher les journalistes nationaux et étrangers d’être des témoins gênants de la dérive autoritaire qui s’installe petit à petit dans le pays.


Le rapport est consultable dans son intégralité ici


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