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23 janvier 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Procès de Somyot Prueaksakasemsuk : une insulte à la liberté de la presse


Reporters sans frontières est indignée par la condamnation à onze ans de prison du rédacteur en chef du magazine bimensuel Voice of Thaksin, Somyot Prueksakasemsuk, prononcée par la Cour pénale de Bangkok, le 23 janvier 2013.  Le journaliste a été reconnu coupable de “lèse-majesté" pour avoir publié en 2010 deux articles, dont il n'est pas l'auteur, jugés diffamatoires envers le roi et la monarchie. "Cette condamnation n'est ni plus ni moins qu'une manœuvre politique pour faire taire une voix critique à l'encontre du gouvernement. Le fait que la plainte concernant les articles 'diffamatoires' n'ait été déposée que plusieurs mois après l'arrestation de Somyot Prueksakasemsuk, est la preuve même que le pouvoir voulait sa tête et qu'il lui manquait juste un prétexte pour l'emprisonner", a déclaré Reporters sans frontières. "Nous exigeons l'annulation de cette condamnation et la remise en liberté immédiate de Somyot Prueksakasemsuk. Nous appelons l'ensemble de la communauté internationale à réagir face à ce jugement qui constitue une attaque directe contre la liberté de la presse en Thaïlande. La loi sur la lèse-majesté et son article 112 du code pénal doivent être abrogées", a ajouté l'organisation. La cour a condamné le journaliste à cinq ans de prison par article publié, ajoutant un an de prison pour une précédente condamnation, jusqu’alors suspendue par la justice. Son avocat, Karom Polpornklang, a immédiatement indiqué que son client ferait appel de la décision. Militant du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), Somyot Prueksakasemsuk avait été arrêté dans la province de Sa Kaeo (est), le 30 avril 2011, deux jours après avoir participé au lancement d'une campagne de collecte de 10 000 signatures pour appeler au retrait de la lèse-majesté du code pénal thaï. Il lui a plus tard été reproché de refuser de révéler la véritable identité de Jitra Polchan, auteur des deux articles parus dans Voice of Thaksin et considérés comme diffamatoires à l’égard du roi. En mai 2010, il avait été détenu pendant vingt-et-un jours suite à l’assaut final contre les manifestants rouges à Bangkok. Il avait par la suite répondu aux questions de Reporters sans frontières. Son bimensuel, censuré depuis 2010, a été remplacé par Red Power. Photo : Nicolas Asfouri / AFP