Actualités

31 août 2021 - Mis à jour le 6 septembre 2021

« Prise de contrôle ? » Edition actualisée du rapport de RSF sur la censure sur Internet en Russie

A l’approche des élections parlementaires en Russie, Reporters sans frontières (RSF) publie un rapport actualisé révélant comment l’Etat, sous la direction du président Vladimir Poutine, a drastiquement restreint, ces derniers mois, la liberté de la presse et d’expression dans le pays.

Читать на русском / Lire en russe


Cette année en Russie, au moins cinq sites indépendants ou critiques envers le Kremlin ont dû cesser leur activité. Quant aux médias arbitrairement déclarés agents de l’étranger, ils sont de plus en plus nombreux – parmi ceux-ci, la chaîne TV Dozhd, le portail d’information Meduza et plusieurs sites d’investigation. Les journalistes étrangers eux-mêmes n’échappent pas aux menaces de représailles en raison de leur travail, comme en témoigne l’expulsion de la correspondante de longue date de la BBC Sarah Rainsford. A quelques semaines des élections parlementaires prévues le 19 septembre, la Russie ne fait que resserrer son étau sur la liberté de la presse et d’expression.


Ce nouveau rapport de RSF est une actualisation de « Prise de contrôle ? La censure et la surveillance sur internet en Russie », publié par l’organisation en novembre 2019. Il est disponible en ligne en anglais, russe et allemand.


« Nous sommes extrêmement inquiets de la disparition progressive des médias indépendants, qui s’est brutalement accélérée pour les sites internet cette année, déclare la responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF, Jeanne Cavelier. Une presse libre et indépendante constitue le pilier de la démocratie. Nous exhortons les autorités russes à cesser cette chasse aux sorcières contre les journalistes pour rétablir leur crédibilité en tant que pays pluraliste et démocratique. »


« Sans médias indépendants rapportant la réalité sociale en Russie, les élections perdent tout leur sens, souligne le directeur de RSF Allemagne, Christian Mihr. Si les alternatives politiques et les problèmes sociaux ne sont pas autorisés à être rapportés et discutés en public, tout “vote” ne fait que confirmer la perception déformée des dirigeants -  au lieu de refléter la volonté du peuple. Les gouvernements des Etats démocratiques doivent défendre avec vigueur le droit fondamental à la liberté d’expression dans leurs futures relations avec la Russie. »


Dans ce nouveau rapport, RSF présente une vision d’ensemble de la multitude de lois adoptées par le Parlement dans le contexte de la pandémie du coronavirus, comme celles sur les soi-disant « agents étrangers » et les nouvelles réglementations sur la diffamation ou les « fausses nouvelles ». Grâce à elles, les autorités peuvent supprimer toute information allant à l’encontre de la version officielle des événements.


Outre les attaques répétées contre les professionnels des médias, notamment lors des manifestations en faveur de l’opposant du Kremlin Alexeï Navalny, RSF décrit la manière dont le Kremlin exerce également une pression croissante sur les opérateurs de réseaux sociaux. Des plateformes occidentales, en particulier, ont écopé d’amendes colossales au premier semestre 2021 pour n’avoir pas bloqué des contenus interdits par le régulateur des médias russe. RSF appelle les plateformes internationales à refuser de céder aux pressions et à protéger la liberté d’expression, mais aussi la vie privée de leurs utilisateurs en Russie.


La Russie occupe le 150e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.

 

La mise à jour du rapport sur la censure sur internet en Russie est disponible en anglais ici.

 

La mise à jour du rapport sur la censure sur internet en Russie est disponible en russe ici.

 

La mise à jour du rapport sur la censure sur internet en Russie est disponible en allemand ici.