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25 novembre 2020

Pologne : RSF demande l’abandon des poursuites contre une photojournaliste arrêtée lors d’une manifestation pour les droits des femmes

Interpellation d'Agata Grzybowska (photo : Aleksandra Perzynska).
Interpellée lors de la “grève des femmes”, la photojournaliste polonaise Agata Grzybowska est poursuivie pour atteinte à l’intégrité physique d’un policier. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités d’abandonner les poursuites contre elle et de garantir la protection des reporters sur le terrain.

La photojournaliste Agata Grzybowska, qui travaille pour Rats Agency et AP, et le quotidien Gazeta Wyborcza, est poursuivie pour “atteinte à l’intégrité physique d’un policier”. La photographe couvrait une manifestation du mouvement “grève des femmes” devant le ministère de l'Éducation le 23 novembre à Varsovie, lorsqu’elle a été brutalisée par un policier qui l’a emmenée dans un fourgon de police. Elle l’aurait aveuglé avec son flash, ce qui justifierait, selon la police, son interpellation et les charges retenues contre elle.

 

Accusée d’avoir elle-même agressé l’agent, Agata Grzybowska a été détenue pendant plusieurs heures, durant lesquelles la police l’a interrogée et tenté de lui faire reconnaître la responsabilité des faits. La police de Varsovie a déclaré ne pas avoir eu connaissance de son statut de journaliste au moment de l’arrestation, malgré la présentation ostensible de sa carte de presse

 

L’arrestation et l'accusation contre Agata Grzybowska montrent que la Pologne a franchi un nouveau cap en matière de répression de la liberté de la presse, déplore le responsable du bureau Union européenne et Balkans de RSF, Pavol Szalai. Au lieu d'empêcher les journalistes de travailler sur le terrain, la police doit les protéger. De telles atteintes à la liberté de la presse sont indignes d’un pays membre de l’Union européenne. Les accusations contre la photojournaliste doivent être abandonnées.

 

Ces dernières semaines, la police polonaise a durci son attitude envers les journalistes sur le terrain, et ce par tous les moyens possibles. La journaliste Angelika Pitoń, de Gazeta Wyborcza, a également fait l’objet d’une poursuite le 24 novembre pour langage indécent et non port du masque - sans preuve - lors d’une manifestation de la “grève des femmes” qui s’est déroulée le 6 novembre à Zakopane. Le 18 novembre, des journalistes de OKO.press, Gazeta Wyborcza, Gazety Polskiej Codziennie et Wlodek Ciejka TV ont été aspergés de gaz poivré par les forces de l’ordre, qui ont agressé d'autres reporters de Newsweek Polska et de Gazeta Wyborcza lors des rassemblements du 11 novembre. 

 

La Pologne est située à la 62e place au Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF.