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31 janvier 2018 - Mis à jour le 1 février 2018

Perquisition au domicile d’un journaliste indépendant russe : RSF dénonce une "démonstration de force injustifiée"

Page Facebook de Pavel Nikouline
Le domicile du journaliste d’investigation Pavel Nikouline a été longuement perquisitionné le 31 janvier 2018. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une démonstration de force injustifiée qui viole le principe de la protection des sources.

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La perquisition aura duré huit heures : arrivés au domicile moscovite du journaliste Pavel Nikouline au petit matin ce 31 janvier, les agents du FSB (services secrets russes) en sont repartis en début d’après-midi. Le journaliste a réussi à annoncer l’arrivée des enquêteurs sur son compte Twitter avant que son portable ne soit confisqué. Il a ensuite été déféré au bureau du FSB pour un interrogatoire, avant d’être relâché.


Les enquêteurs ont saisi les ordinateurs et téléphones du journaliste ainsi que de nombreux documents. Mais aussi des exemplaires du magazine moloko plus, dont il est rédacteur en chef, et le tampon du Syndicat des journalistes et employés de médias, dont il est co-président.


Pavel Nikouline est entendu comme témoin dans une enquête ouverte pour “entraînement dans le but d’accomplir des activités terroristes”. Selon lui, cette affaire est liée à l’interview d’un djihadiste russe qu’il avait publiée en mars 2017 dans le magazine indépendant The New Times. Le média avait reçu trois mois plus tard une amende de 100 000 roubles (environ 1 400 euros) pour “apologie du terrorisme” et avait dû supprimer de son site l’article en question, pourtant non complaisant.


“Pavel Nikouline est traité en suspect plutôt qu’en témoin, dénonce Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale au RSF. Cette démonstration de force injustifiée viole le principe de la protection des sources, garanti à la fois par la loi russe et la Cour européenne des droits de l’homme. La saisie systématique de l’équipement des journalistes perquisitionnés entrave leurs activités professionnelles : nous appelons les autorités à rendre immédiatement le matériel confisqué et à mettre un terme à ce genre de pratiques.”


La Russie occupe la 148e position sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2017, publié par RSF.