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26 novembre 2019 - Mis à jour le 9 décembre 2019

Nouvelle vague d’arrestations en Arabie saoudite, RSF dénonce la “fuite en avant” du régime

Neuf personnes, en majorité des journalistes, des blogueurs ou des écrivains ont été arrêtées en Arabie saoudite. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ce nouvel épisode de répression et la fuite en avant du royaume dans une logique opposée à sa volonté affichée d’ouverture.

Neuf Saoudiens, dont sept journalistes, écrivains et blogueurs ont été arrêtés entre le 16 et le 21 novembre par les autorités saoudiennes, selon diverses sources d'information.  Parmi eux, figurent un journaliste du quotidien Al-Riyadh et auteur d’un blog, Bader Al-Rashed, le présentateur d’un podcast sur la philosophie diffusé par le média en ligne Thmanyah, Waad Al-Muhaya, un collaborateur de nombreux médias, dont Alaraby, Abdulaziz Al-Hies, mais aussi deux blogueurs pour la plateforme d’apprentissage en ligne Rwaq, Musab Fuad et Fuad Al-Farhan. Deux femmes journalistes ont également été arrêtées : Zana Al-Shahri, qui travaille pour la revue en ligne Al-Asr et Maha Al-Rafidi, du quotidien Al-Watan

Plusieurs de ces journalistes avaient écrit sur des sujets sensibles tels que la dignité humaine dans le pays, le conservatisme religieux et la marche vers les réformes. D’autres avaient été critiques du débat public et s’étaient montrés solidaires des prisonniers d'opinion. 

D’un côté, le pouvoir tente de montrer une image d’ouverture et de modernisation, de l’autre il persiste à museler la presse et les médias, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à RSF. Cette nouvelle vague d’arrestations est un très mauvais signal envoyé par les autorités saoudiennes en matière de liberté de la presse et révèle une dangereuse fuite en avant. Au lieu de se réformer et de s’ouvrir à une information plurielle et variée, l’Arabie saoudite s’enfonce sur la voie sans issue de la répression et de l’isolement.

Cette dernière vague d’arrestations porte le nombre de journalistes et blogueurs emprisonnés à au moins 39. La dernière remonte au mois d’avril 2019. Six journalistes et auteurs avaient alors été arrêtés : Nayef Al-Handas, Yazid Al-Faifi, Abdullah Al-Duhailan, Thumar Al-Marzouqi, Mohammed Al-Sadiq et Bader Al-Ibrahim. Jusqu’à aujourd’hui, aucune charge officielle n’a été retenue contre eux.

L’Arabie saoudite occupe la 172e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.