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3 mai 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Nouvelle mise en cause du droit à la protection des sources journalistiques


Dans une lettre adressée au ministre italien de la Justice, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre la perquisition du domicile d'un journaliste du quotidien La Stampa, Guido Ruotolo, soupçonné d'avoir publié des informations couvertes par le secret de l'instruction en rapport avec une enquête sur un réseau islamiste. Début mars, les domiciles de deux autres journalistes, Claudia Fusani du quotidien La Repubblica, et Fiorenza Sarzanini du Corriere della Sera, avaient été perquisitionnés pour la même raison. "Alors même que le pluralisme et la liberté de l'Information sont actuellement fragilisés en Italie par l'autorité indirecte du chef du gouvernement sur les principaux médias privés du pays, le harcèlement judiciaire dont font l'objet certains journalistes est une mise en cause directe du journalisme d'investigation" a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Nous vous rappelons que le principe de la protection des sources journalistiques est une des conditions essentielles à la liberté de la presse, et que les Etats démocratiques respectent ce droit. Nous vous rappelons également que le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme veillent au respect de ce principe par les Etats membres. Nous vous demandons de veiller à ce que les magistrats italiens ne le mettent pas en cause", a ajouté M. Ménard. D'après les informations recueillies par RSF, le domicile et le bureau du journaliste Guido Ruotolo, chroniqueur au quotidien La Stampa, a été perquisitionné par la police le 3 mai 2002. Le journaliste est soupçonné d'avoir publié des informations couvertes par le secret de l'instruction en rapport avec l'enquête sur une cellule présumée de terrorisme islamique démantelée dans la capitale. Le Syndicat des journalistes romains et l'Union nationale des journalistes italiens ont considéré cette initiative "comme un acte d'intimidation, destiné exclusivement à connaître les sources des journalistes, ce qui viole les principes de la Constitution en matière de liberté de la presse".