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14 février 2020

Nouvelle agression d’un journaliste dans la capitale libanaise

Mohammad Zbeeb / Facebook
La violente agression d’un spécialiste des affaires de corruption à Beyrouth est le dernier incident impliquant des journalistes depuis le début des manifestations anti-gouvernementales au Liban. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre aux journalistes de continuer à exercer leur profession dans une période cruciale pour le pays.

Le journaliste économique libanais Mohammad Zbeeb, spécialiste des affaires de corruption au quotidien Al-Akhbar, a été agressé par trois individus à Beyrouth, dans la nuit du 12 au 13 février. Il se trouvait sur un parking près du lieu où était organisé un colloque économique, auquel il venait de participer. Il a dû être transporté à l’hôpital de l’université américaine. 


Mohammad Zbeeb est l’une des figures du mouvement de contestation contre le pouvoir qui secoue le pays depuis le mois d’octobre, et a notamment publié une série d’articles sur la responsabilité du gouvernement dans la crise économique. Sur son compte Twitter, il s’en prend, chiffres à l’appui, aux membres de “l’oligarchie », qu’il qualifie de “pillards”.


Il s’agit de la dernière attaque impliquant des journalistes qui couvrent les manifestations anti-gouvernementales depuis le mois d’octobre 2019. Parfois, les agresseurs sont des manifestants, comme ce fut le cas le 17 janvier dernier pour la journaliste Rima Hamdan de la chaîne OTV (proche du Courant patriotique libre, parti du président de la République Michel Aoun), insultée et encerclée alors qu’elle couvrait le blocage du pont Al-Ring à Beyrouth.


D’autres ont été violemment battus par les forces de l’ordre, alors même qu’ils avaient fait connaître leur qualité de journalistes - notamment le correspondant de Reuters Issam Abdallah, ainsi que la reporter du quotidien An-Nahar Paula Nawfal, victime de violences physiques de la part des agents de sécurité du Parlement, qui ont également détruit sa voiture.


En novembre, pris pour cibles à cause de leur couverture des manifestations, plusieurs journalistes de la chaîne de télévision Al-Jadeed, dont Joelle Hajj Moussa, Ramez El Kadi, Halima Tabiaa, Layal Saad, Nancy Sabeh, ainsi que Dima Sadek de la chaîne LBCI ont également été victimes d’une vaste campagne de harcèlement téléphonique après que leurs numéros de téléphone personnels furent rendus publics.


"Les manifestations au Liban ne doivent pas servir de prétexte aux différents mouvements politiques et religieux de s’en prendre aux journalistes, dénonce la responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, Sabrina Bennoui. Leur rôle est primordial dans cette période charnière et il est essentiel qu’ils puissent se faire l’écho des mouvements de protestations et des demandes des manifestants.  Il est du devoir des autorités libanaises de poursuivre les auteurs de ces violences et de prendre les mesures nécessaires pour permettre aux journalistes de poursuivre leur mission d’information. "


Le Liban occupe la 101e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.