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17 décembre 2018 - Mis à jour le 24 décembre 2018

Nicaragua : RSF demande au gouvernement Ortega de mettre un terme à l’escalade de la violence contre la presse indépendante

C.F Chamorro durante la ocupación policial del 'Confidencial' Fuente YANCUIC
RSF condamne l'intensification des attaques menées par les autorités nicaraguayennes ces derniers jours contre les médias indépendants Confidencial, Esta semana et Esta noche. La dérive autoritaire du président Ortega doit immédiatement cesser.

Depuis le vendredi 14 décembre au matin, les locaux du média en ligne Confidencial et des chaînes de télévision Esta Semana y Esta Noche, situés dans la capitale Managua, et tous dirigés par le journaliste indépendant Carlos Fernando Chamorro, sont encerclés par les forces de police nicaraguayennes. Le jeudi 13 décembre, une unité de cette même police a pénétré de force à l’intérieur des bureaux, sans mandat, avant de confisquer et emporter les ordinateurs et registres comptables de l’entreprise puis saccager les lieux.


RSF demande aux autorités de restituer immédiatement les équipements et matériels saisis et de permettre le libre usage des locaux de Confidencial, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de l’organisation. Le combat mené par le gouvernement nicaraguayen contre la presse indépendante a pris un tournant dramatique. RSF appelle le président Daniel Ortega au strict respect des engagements internationaux du Nicaragua, ce qui implique de garantir et protéger la liberté de la presse.”


Le responsable de Confidencial, Carlos Fernando Chamorro s’est présenté au quartier général de la police le samedi 15 décembre pour obtenir le mandat ayant permis cette perquisition ainsi que des informations sur le maintien des équipes de police devant les locaux du site en ligne, mais il a été violemment expulsé et humilié par les policiers anti-émeutes présents sur place, sans obtenir la moindre réponse.


Très critique du gouvernement de Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, Carlos Fernando Chamorro, est l’un des journalistes les plus connus et respectés du pays. Dans les années 80, il était membre du parti au pouvoir, le Frente Sandinista et dirigeant du journal Barricada. Depuis le début des années 90, il s’est éloigné du parti est devenu une cible régulière du gouvernement.


Ces attaques ciblées interviennent alors même que le gouvernement nicaraguayen a fait annuler, le mercredi 12 décembre, le statut juridique de neufs ONGs nicaraguayennes, pour la plupart engagées dans la défense et la promotion des droits humains. Parmi elles, le Centro Nicaragüense de Derechos Humanos (Cenidh), dont les bureaux ont également été perquisitionnés et saccagés par la police, ou encore Hagamos Democracia, Popol Na, Fundación del Río (protection de l’environnement) et le Centro de Investigación de la Comunicación (Cinco), également propriété Carlos Fernando Chamorro.


Les attaques et la censure contre la presse indépendante se sont intensifiées depuis le mois de novembre au Nicaragua.

En août dernier, à l’issue d’une mission menée avec la Société interaméricaine de presse (SIP), RSF avait déjà émis plusieurs alertes et recommandations sur la situation de la presse indépendante dans le pays. Le Nicaragua est classé 90e au Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF.