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29 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

Mexique : deux assassinats de journalistes en deux jours à Oaxaca


Reporters sans frontières (RSF) est particulièrement préoccupée par la flambée des violences contre les journalistes du Mexique, illustrée par deux crimes commis à Oaxaca en janvier. Le gouvernement mexicain doit impérativement mettre en place des mécanismes de protection efficaces pour garantir la sécurité des journalistes.

Le 22 janvier, Reinel Martínez Cerqueda (43 ans), journaliste-animateur de plusieurs programmes musicaux au sein de la radio communautaire El Manantial, a été tué par balles dans la ville de Santiago Laollaga. La veille, le 21 janvier, le reporter Marcos Hernández Bautista (38 ans) recevait une balle dans la tête alors qu’il montait dans sa voiture aux alentours de la ville de San Andres Huaxpaltepec. Hernández Bautista était correspondant du journal Noticias Voz e Imágen mais également collaborateur de plusieurs radios. La justice locale de Oaxaca s’est saisie de ces deux cas mais n’a pour l’instant aucune piste concrète pouvant conduire à identifier les responsables.

« Le cocktail violence/corruption/impunité fait du Mexique un pays catastrophique pour la pratique du journalisme, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amériques de RSF. Nous appelons une fois encore les autorités mexicaines à assurer la protection des journalistes et demandons à ce que toute la lumière soit faite sur ce double assassinat».

Selon la famille et les collègues des victimes, ces crimes sont directement liés à leur activité journalistique. L’organisation Article 19 au Mexique affirme notamment que Hernández Bautista avait récemment confié ses craintes à Ismael Sanmartin Hernández, directeur éditorial de Noticias Voz e Imágen : « Marcos avait dit avoir peur à cause de certaines publications qui touchaient à des intérêts politiques et des intérêts de chefs de la région ».

RSF s’associe à la démarche d’Arturo Peimbert Calvo, défenseur des droits de l’Homme du peuple de Oaxaca, qui demande les sanctions nécessaires “conformément à la loi, pour éviter que l’impunité ne favorise des nouveaux attentats contre la liberté d’expression”.

L’état de Oaxaca est, avec son voisin le Veracruz, le district le plus violent et dangereux pour la pratique du journalisme au Mexique.

Le Mexique est 148ème sur 180 pays au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2015.