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23 mai 2017

Malgré les menaces, le journaliste Martin Mendez rentre au Mexique

JIM WATSON / AFP
Face au refus des services d’immigration américains de lui accorder l’asile, Martín Mendez a choisi de rentrer dans son pays d’origine, le Mexique. Le journaliste avait pourtant fui en raison de graves menaces qui pesaient sur lui.

C’est un bien triste retour dans son pays d’origine. Après 100 jours passés dans un centre de détention américain et le refus de sa demande de liberté conditionnelle début mai, le journaliste mexicain Martín Mendez Pineda a décidé de rentrer chez lui.


Sa demande d’asile politique déposée en toute légalité le 5 février 2017 n’a jamais reçu l’avis favorable des service d’immigration et des douanes américains qui ont fait le choix de le maintenir en détention pendant tout ce temps-là.


Martin Mendez fuyait pourtant les menaces qu’il avait reçues après avoir publié un article dans lequel il faisait état de cas de violences policières dans l’état du Guerrero. “Je me suis senti contraint de revenir après avoir vu ma demande de liberté conditionnelle refusée pour la deuxième fois. Lorsque j’ai reçu la réponse, je me suis rendu compte que je n’avais plus d’espoir de sortir, je ne pouvais pas tenir pour encore un an dans cette situation, donc j’ai pris la décision de rentrer, malgré le risque que ça implique, un risque qu’ils n’ont pas vraiment pris en compte”, a affirmé Martin Mendez à RSF.


L’avocat de Martin Méndez, Carlos Spector, a informé RSF que l’ICE avait refusé pour la seconde fois de remettre le journaliste en liberté conditionnelle, prétextant que ses liens avec la population n’étaient pas assez solides.


Reporters sans frontières déplore le comportement des services d’immigration américains qui mettent en péril la vie du journaliste mexicain Martín Mendez Pineda en refusant de lui accorder l’asile, déclare Balbina Flores, représentante de l’organisation au Mexique. Face aux conditions précaires de détention et à l’incertitude permanente autour du procès, le journaliste s’est senti obligé d’abandonner sa demande”.


Le Mexique est le pays le plus dangereux de la région pour les journalistes. Depuis 2000, plus de 100 journalistes ont été tués dans le pays et 20 sont disparus. Après le meurtre de Javier Valdez, 6è journaliste assassinés en 2017, le président Enrique Peña Nieto s’est engagé, le 17 mai dernier, à renforcer la protection des journalistes dans le pays.


RSF est en contact permanent avec Martín Mendez, qui a demandé à l’organisation de ne pas révéler sa localisation actuelle. Le Mécanisme nationale de protection des journalistes est de même au courant de la situation du journaliste et de son retour.


Le Mexique se situe à la 147e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2017. Dans son rapport “Veracruz, les journalistes face à l’état de peur”, publié en février 2017, RSF propose une série de recommandations aux autorités fédérales et locales pour stopper cette spirale de violence.